Alcool : des risques de dégâts au foie dès 2 verres par jour

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A partir de deux verres d'alcool par jour, les hommes s'exposeraient à un risque considérable de maladies du foie. Mais aucun seuil n'est sûr, d'après une récente étude.

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Un verre, ça va. Deux verres, bonjour les dégâts. Chacun a ce slogan en tête. Mais il vient de devenir plus qu'une simple rengaine. A partir de deux doses d'alcool  par jour, les hommes s'exposent à un risque accru de maladie du foie. Et d'après une récente étude parue dans le Journal of Hepatology, il n'y aurait pas de limite de sécurité.

Pour chaque gramme d'éthanol ingéré, le risque de cirrhose et autres pathologies du foie augmente de 2 % par rapport aux abstinents. C'est la conclusion des chercheurs du Karolinska Institutet (Suède), qui signent ces travaux. Pour parvenir à cette estimation, ils ont suivi 49 000 hommes pendant près de 40 ans.

400 de ces volontaires ont développé une maladie hépatique au cours du suivi – que ce soit une cirrhose  ou un cancer. Et les plus grands adeptes de la binouze semblent largement défavorisés.

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A partir de deux verres d'alcool par jour, le risque augmente de manière conséquente. Il culmine à 60 grammes par jour – environ 6 verres. A ce stade, le risque de maladie du foie est 11 fois plus élevé que chez un abstinent.

Journal of Hepatology

Pour des contrôles plus stricts

"Si ces résultats permettent de réduire les niveaux de consommation raisonnable, et que les hommes les respectent, nous pourrions observer une réduction de l'incidence des maladies alcooliques du foie", estime Hannes Hagström, principal auteur de cette étude.

Mais comme le souligne Alexandre Louvet, en poste à l'hôpital Huriez de Lille (Nord), les autorités de santé doivent d'abord changer leur attitude officielle. Car la plupart des pays conseillent de ne pas dépasser 30 grammes d'alcool par jour – soit l'équivalent de trois verres de vin.

Or, "l'éducation et l'information ne suffisent pas à réduire la consommation d'alcool  dans la population générale", aux yeux de ce spécialiste des maladies digestives, auteur d'un éditorial associé à l'étude. "Les recommandations des médecins doivent être complétées par des politiques plus strictes, particulièrement vis-à-vis de l'accès à l'alcool par les adolescents, des prix et de la publicité", martèle-t-il.

Mais dernièrement, la tendance est plutôt à l'assouplissement de la loi Evin, qui contrôle cela. Et chaque année, en France, 40 à 50 000 personnes meurent de causes liées à l'alcool. Cela représente environ 1 décès sur 10.

 

Publié le 25 Janvier 2018
Auteurs : Audrey Vaugrente, journaliste santé
Source : Alcohol consumption in late adolescence is associated with an increased risk of severe liver disease later in life, Hannes Hagström et al, Journal of Hepatology, 22 janvier 2018
Managing excessive alcohol consumption at a population level: The earlier the better, Alexandre Louvet et Aleksander Krag, Journal of Hepatology, 22 janvier 2018
La santé en chiffres : alcool, Santé publique France, consulté le 25 janvier 2018
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