Sommeil d'enfant : une histoire de famille

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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Dès la naissance, les nuits blanches éprouvent les parents. Ensuite, il faut organiser et pérenniser le rituel du coucher. Cette histoire de famille est particulièrement importante et consiste à apporter une sécurité affective.

Le premier défi des jeunes parents est de faire dormir bébé. Tout commence avec l'indispensable réponse à la demande pressante du nourrisson, à toutes heures de la nuit. Ensuite, il faut affronter les maux de ventre, les dents qui percent ou la peur du noir. Et enfin, intimer aux enfants d'aller se coucher à l'heure dite, combattre les difficultés d'endormissement et les réveils précoces, affronter les angoisses et les cauchemars, ainsi que les visites et les appels nocturnes.

Une famille est composée d'un ensemble de personnes qui n'ont pas les mêmes habitudes de sommeil, ni les mêmes besoins. Si la différence est flagrante entre adultes et enfants, ou plutôt entre les âges, elle existe également entre les frères et soeurs. En effet, chaque enfant est différent et a ses propres besoins de sommeil. Il faut donc composer, tout en fixant des horaires. Il faut savoir que le sommeil se constitue de deux dimensions, l'une familiale, l'autre génétique. Ainsi, à côté de l'histoire de la famille, il y a la typologie de sommeil transmise par les parents.

La sécurité affective

S'endormir est angoissant pour un enfant. Ainsi, lui apprendre à dormir consiste à lui apporter une sécurité affective qui lui permettra de s'abandonner au sommeil, d'y entrer en toute confiance. L'entourage joue donc un rôle très important avec les rituels du coucher, comme la petite histoire racontée ou le câlin. Ce passage de l'éveil au sommeil est essentiel. L'enfant doit être rassuré et donc pas question de bâcler cet instant sous prétexte que l'on est pressé. Des troubles du sommeil ont pour origine une économie de ce moment privilégié. Toutefois, ce rituel ne doit pas trop s'éterniser. Il a un début et une fin, cette dernière signifiant à l'enfant qu'il peut maintenant s'endormir en toute sécurité. Attention, les parents porteurs d'une angoisse par rapport au sommeil doivent être très vigilants pour ne pas transmettre cette peur à leur enfant.

Recaler les enfants

Après toute période de vacances, il est essentiel de recaler le sommeil des enfants. Longues soirées et grasses matinées ne sont pas compatibles avec le rythme scolaire. L'important est d'y aller progressivement. Ça ne sert à rien de coucher votre enfant à 19 heures la veille d'une reprise. Environ quatre jours avant, commencez à avancer son heure de coucher et son heure de lever, pour atteindre au final la durée et les horaires de sommeil idéaux, c'est-à-dire coïncidants avec une journée de maternelle, d'école ou de lycée. Et une fois le rythme instauré, il faut s'y tenir toute la semaine.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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