Perturbateurs endocriniens : 54 produits toxiques dans les cheveux des enfants

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Avril 2017 : 12h31
Mis à jour le Lundi 24 Avril 2017 : 12h34

Les résultats des analyses effectuées par 60 Millions de consommateurs sont sans appel : les jeunes sont contaminés par des produits toxiques dès l’enfance. Des dizaines de perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés sont retrouvés dans leurs cheveux dès l’âge de 10-15 ans.

© Fotolia

Les cheveux reflètent l’exposition aux polluants

Pour arriver à cette conclusion, les cheveux de 43 enfants âgés de 10 à 15 ans habitant en milieu rural ou urbain ont été analysés à la recherche de perturbateurs endocriniens « suspectés ou avérés ». Bisphénols, phtalates, pesticides, métaux lourds, polychlorobiphényles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), retardateurs de flamme bromés (PBDE), etc., au total, 254 molécules toxiques ont été traquées dans la chevelure de nos petits anges blonds, reflet à long terme de leur exposition à la pollution. En moyenne, 34 perturbateurs endocriniens différents sont présents dans les cheveux des enfants. Et « nous avons retrouvé jusqu’à 54 perturbateurs endocriniens différents chez un même enfant », indique 60 Millions.

PUB

Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents

Présents dans les aliments, les cosmétiques et produits d’hygiène (maquillage pour enfants, couches-culottes, lingettes pour bébé, tampons et protections féminines) et beaucoup d’autres produits du quotidien (couettes, vêtements…), les perturbateurs endocriniens sont omniprésents et les jeunes enfants y sont continuellement exposés. Or même à faible dose, ils peuvent perturber le développement normal de l’organisme, y compris durant la vie in utero, augmentant le risque de prématurité, de malformations congénitales, de puberté précoce, de cancers chez l’adulte, d’infertilité, de maladies métaboliques comme le diabète, etc.

60 Millions demande inlassablement la mise en place urgente d’un cadre réglementaire pour contraindre les industriels à les supprimer de leurs chaînes de fabrication. Si le bisphénol A a été interdit dans les biberons vendus au sein de l’Union européenne, les débats vont toujours bon train, retardant toutes décisions.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 24 Avril 2017 : 12h31
Mis à jour le Lundi 24 Avril 2017 : 12h34
A lire aussi
Perturbateurs endocriniens : mis en cause dans le diabètePublié le 25/01/2016 - 15h37

Et si le diabète de type 2 était aussi lié aux perturbateurs endocriniens ? Il ne cesse d’augmenter : en France, 4,5% de la population est touchée. C’était l’une des questions du colloque organisé par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire et alimentaire (Anses), les 21 et 22...

Bisphénol A : 80% de notre exposition est alimentairePublié le 09/04/2013 - 15h44

Après trois années de recherches, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) publie son rapport d’évaluation, confirmant des risques sanitaires associés au bisphénol A. Ce rapport indique également que les « expositions réelles de la population au bisphénol A » se font...

Plus d'articles