Pas d'automédication pendant la grossesse

Pas d'automédication pendant la grossesse

Les femmes enceintes prennent trop de médicaments, sans toujours savoir si les risques pour le foetus ont été évalués ou pire, s'ils sont contre-indiqués pendant la grossesse. C'est ce que révèle une récente enquête réalisée auprès de 1.000 femmes et publiée dans la célèbre revue médicale « The Lancet ».

Cette étude montre que 99% des femmes prennent au moins un médicament au cours de leur grossesse, avec une moyenne de 13,6 médicaments par femme... Il ne s'agit pas d'affirmer que tous les médicaments sont dangereux pendant la grossesse, mais simplement de préconiser une consommation rationnelle de ceux-ci grâce à une bonne information et à un suivi médical attentif.

Quels sont les risques encourus ?

Les médicaments administrés pendant la grossesse ont des effets bien différents chez la mère et chez le bébé à naître. Il existe chez ce dernier une grande sensibilité en raison de la fragilité de son organisme en cours de développement. C'est le placenta, zone d'échanges entre la mère et le fœtus, qui permet le passage de certains médicaments dans le sang de l'enfant. La prise de ces médicaments peut ainsi entraîner des altérations irréversibles (ou anomalies congénitales) touchant aussi bien les membres, la face, le cœur que le système nerveux. Cela s'appelle l'effet « tératogène ». Il faut savoir que chez le fœtus, les médicaments agissent plus longtemps et de façon plus intense car son organisme ne possède pas encore toutes les capacités de « digestion » tissulaire, appelé aussi catabolisme. Bien sûr, la prise de médicaments n'a pas de conséquences dramatiques dans tous les cas et les malformations éventuellement constatées sont heureusement minimes le plus souvent. Il faut néanmoins savoir que des risques potentiels existent et qu'ils diffèrent selon le moment de la prise de médicaments pendant la grossesse. C'est au cours des trois premiers mois que le futur enfant est le plus sensible car c'est la période de formation de l'embryon, celle où les organes et les structures anatomiques se mettent en place. C'est pendant cette phase que les malformations peuvent donc être les plus graves. Pendant les six autres mois de la grossesse, le risque de malformation lié à une prise médicamenteuse est nettement plus faible. Cependant attention, il demeure un risque réel de toxicité directe sur le fœtus.

Article publié par le 25/06/2002

Sources : J.F. Delaloye, P. De Grandi et P. Holilfeld, Médicaments, grossesse et lactation. Ed. Médecine et hygiène. Lacroix I. et coll., The Lancet, 2000, 356 : 1735-1737.

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