Nouveau cancer après un cancer du sein : l'obésité représente un risque majeur

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 14 Août 2012 : 00h00
Mis à jour le Mardi 14 Août 2012 : 08h33

Les femmes obèses ayant eu un premier cancer du sein ont un risque très accru de développer un second cancer (qui n’est pas une récidive du premier).

Ce second cancer peut toucher le même sein, l’autre sein, l’endomètre, le côlon ou le rectum.

L’obésité, dans la ligne de mire des oncologues

Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs du Réseau national alimentation cancer recherche (NACRe), composé d'une vingtaine d'équipes rassemblant près de 150 chercheurs et une équipe de l'Imperial College à Londres, ont effectué des méta-analyses statistiques.

Si au moment du diagnostic ducancer du sein, une obésité est également retrouvée, les risques de développer un second cancer par la suite sont alors très accrus : entre 37 et 40 % pour le cancer du sein, 96 % pour le cancer de l'endomètre et 89 % pour le cancercolorectal.

Aux facteurs déjà connus de récidive, tels que le jeune âge au diagnostic du premier cancer, les prédispositions génétiques et la radiothérapie, vient donc s’ajouter l’obésité, comme risque de second cancer.

Cela n’a rien de très étonnant dans la mesure où les liens entre graisse abdominale etcancers sont depuis longtemps établis : par exemple, la libération par le tissu graisseux abdominal de molécules favorisant l’inflammation (des cytokines), et d’acides gras libres, réduit la sensibilité des cellules du corps à l’insuline.

Or l’insuline est indispensable pour faire rentrer le sucre sanguin dans les cellules et donc leur apporter l’énergie dont elles ont besoin pour fonctionner. En réaction, le corps sécrète davantage d’insuline, ce qui s’accompagne d’une élévation de la fraction libre de l’insulin-like Growth Factor 1 (IGF1) qui s’avère être également un puissant facteur de croissance cellulaire venant « booster » le développement des cellules tumorales …

PUB

En pratique

Puisque l’obésité est un facteur de risque majeur de survenue d’un second cancer, les chercheurs de l’étude prônent une meilleure prise en charge de cette surcharge pondérale et ce, dès le diagnostic du premier cancer si cela n’a pas été fait plus tôt.

Ce retour à une alimentation plus équilibrée et à un poids normal doit ainsi être une priorité …

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 14 Août 2012 : 00h00
Mis à jour le Mardi 14 Août 2012 : 08h33
PUB
PUB
A lire aussi
Du diabète au cancer du pancréasPublié le 29/07/2013 - 10h16

Le diabète est un facteur de risque du cancer du pancréas et des études récentes confirment cette relation. Autrement dit, les diabétiques sont plus à risque que les autres de développer un cancer du pancréas. La bonne nouvelle est que ce cancer est assez rare mais il a l’inconvénient...

Cancer du sein et prise de poids : quelle relation ?Publié le 03/11/2008 - 00h00

Dans l'année qui suit un cancer du sein, les femmes prennent en moyenne 2,5 à 4 kg. Comment expliquer cette prise de poids ? Le risque est-il le même pour toutes les femmes ? Est-il bénéfique de maigrir vis-à-vis du cancer ? Réponses à toutes ces questions avec le Dr David Elia*.

Plus d'articles