Maux de gorge

Les manifestations liées au mal de gorge étant nombreuses, ne seront énumérées ici que les plus fréquentes.

Irritation ou traumatisme répété :

  • douleur latente chronique ou intermittente parfois accompagnée d'inflammation et de rougeur des parois internes de la gorge.

Infection :

  • douleur intense et progressive accompagnée d'inflammation, de rougeur, de fièvre et, parfois, de taches blanches localisées sur la langue, à l'intérieur de la gorge.

Épiglottite :

  • forme d'infection s'observant surtout chez l'enfant ;
  • caractérisée par une inflammation aiguë du larynx, du pharynx et de l'épiglotte (partie de la gorge qui ferme le larynx au moment où la nourriture est avalée).

Cette inflammation de l'épiglotte a pour effet de bloquer la respiration et peut aller jusqu'à l'asphyxie.

Cancer :

  • douleur latente au début qui augmente de façon progressive au fil des jours pour devenir localisée et persistante ;
  • généralement accompagné d'une douleur à l'oreille, d'un changement dans la voix, d'une difficulté à avaler, de sang dans les sécrétions, d'une masse dans le cou et d'une perte de poids inexpliquée ;
  • se manifeste surtout chez les fumeurs et presque exclusivement après l'âge de 40 ans. Les fumeurs de cannabis sont encore plus susceptibles de développer un cancer de la gorge, car ils aspirent une fumée plus chaude que celle de la cigarette et ils la gardent dans la bouche plus longtemps. De plus, le cannabis est très souvent contaminé par toutes sortes de substances nocives.

Irritation ou traumatisme répété :

  • Certains tics comme se racler la gorge ou cracher constamment, qui finissent par irriter la muqueuse de la gorge.
  • Ronflements. En provoquant une vibration du palais mou, ils peuvent entraîner une inflammation de la gorge qui entraînera une douleur durant la journée.
  • Cigarette, alcool, reflux gastro-oesophagien.
  • Allergies.
  • Maladies auto-immunes (les maladies auto-immunes surviennent quand le système immunitaire ne distingue plus ses propres cellules étrangères), telles que la sclérodermie (c'est une maladie des fibres collagènes du derme qui durcit la peau et réduit sa souplesse et sa mobilité, causant notamment de la douleur et des difficultés à avaler).

Infection :

  • Virus (amygdalite, mononucléose infectieuse) dans la plupart des cas.
  • Bactéries (streptocoque) ou champignons (pharyngite et laryngite à Candida albicans). Le muguet est une infection à champignons courante surtout chez les bébés (la langue, les joues et le palais se couvrent de taches blanches). Les bactéries et les champignons peuvent aussi entraîner une rougeur de la gorge.
  • Abcès. Dû à une infection pas ou mal guérie, un abcès de la gorge ou des amygdales peut causer de la douleur et de la fièvre. Habituellement, on ne voit pas l'abcès, mais l'intérieur de la gorge et le cou sont rouges et enflés.

Épiglottite :

  • Haemophilus influenzae.

Cancer :

  • Hérédité.
  • Mutation génétique.
  • Tabac et alcool.

 

  • Ne pas crier et ne pas forcer sa voix. Vous risquez d'irriter votre gorge ou encore de devenir aphone.
  • Éviter de se racler la gorge ou de cracher constamment. Vous risquez d'aggraver l'irritation, parce que vous contractez la gorge et vous faites entrer de l'air, ce qui l'assèche encore plus.
  • Éviter les aliments épicés. Ils risquent de contribuer à augmenter l'irritation de votre gorge.
  • Ne pas se brosser la langue ou les amygdales avec une brosse à dents. Vous créerez ainsi un traumatisme supplémentaire.
  • Ne pas fumer et éviter les endroits enfumés. La fumée contient des irritants qui ne peuvent qu'accentuer votre mal de gorge.

Chez l'enfant :

  • Procéder soi-même à une vérification de routine. Prenez d'abord la température de l'enfant. À l'aide d'un bâtonnet appuyé sur la langue et d'une lampe de poche, vérifiez s'il y a inflammation de la gorge.
  • Observer si l'enfant manifeste une baisse d'énergie et d'activité. Un enfant subitement inactif est souvent un enfant qui couve quelque chose.
  • S'assurer que l'enfant ne se déshydrate pas. Donnez-lui à boire régulièrement.
  • Cesser de fumer en sa présence. La fumée peut être la cause de ses maux de gorge.
  • S'assurer que son enfant se lave les mains régulièrement. Une bonne hygiène des mains est une excellente protection contre les bactéries.
  • S'assurer qu'il se mouche régulièrement. Le fait de renifler constamment et d'avaler ses propres sécrétions peut contribuer à irriter sa gorge.
  • Calmer sa douleur. Donnez-lui du paracétamol. Évitez l'aspirine chez les enfants, car elle peut induire le syndrome de Reye, une maladie neurologique très grave d'origine virale qui a des répercussions sur le foie, les reins et le cerveau.
  • Consulter de nouveau un médecin si la situation s'aggrave. Cette aggravation peut faire soupçonner une épiglottite.

Chez l'adulte :

  • Procéder à un auto-examen. À l'aide d'un bâtonnet et d'une lampe de poche, vérifiez s'il y a inflammation de votre gorge et si elle est couverte de taches blanches.
  • Évaluer soi-même la cause potentielle. Si cela est possible, éliminez-la. Par exemple, s'il s'agit de reflux gastrique, diminuez votre taux d'acidité en éliminant le café, l'alcool, les aliments épicés, etc.
  • Analgésiques, repos et hydratation donnent de bons résultats. Les premiers calmeront la douleur, les deux autres contribueront à améliorer votre état. Il est important de boire beaucoup de liquide pour éviter de se déshydrater.
  • Faire des vaporisations d'eau et d'eucalyptus. L'eucalyptus est un lubrifiant naturel qui aidera à diminuer la douleur due à l'irritation. Faites bouillir de l'eau avec de l'eucalyptus et respirez-en la vapeur.
  • Faire des inhalations de camphre. Cela aidera à dégager les voies nasales et respiratoires, et vous apportera un certain soulagement.
  • Se gargariser à l'eau salée. Les gargarismes permettent de déloger les sécrétions qui peuvent adhérer aux parois internes de la gorge. La préparation est simple. Il suffit de faire bouillir de l'eau. Une fois qu'elle est arrivée à ébullition, retirez-la du feu et ajoutez-y une quantité de sel suffisante pour que l'eau en prenne la saveur. Laissez tiédir le mélange avant de vous en servir pour vous gargariser. Ne pas se gargariser avec un rince-bouche ni avec de l'alcool à friction. Le rince-bouche ne fera qu'aggraver l'irritation. Quant à l'alcool, il peut causer une intoxication.
  • Éliminer tapis, moquette, poussières, etc. Bref, tout ce qui peut être, pour vous, source d'allergie.

Chez l'enfant :

  • Le bébé a des taches blanches sur la langue, les joues ou la gorge.
  • La douleur persiste au-delà de 48 heures ou encore elle s'intensifie.
  • Plus l'enfant est jeune, plus il faut consulter un médecin tôt.

Chez l'adulte :

  • Les symptômes sont associés à des complications telles que de la fièvre et de la difficulté à avaler ou à se nourrir.
  • La douleur persiste au-delà de quatre à huit semaines.
  • La douleur est chronique et latente et vous êtes fumeur.

Chez l'enfant :

Le médecin procédera à la prise des signes vitaux (température, pouls et rythme respiratoire). S'il soupçonne une épiglottite, il demandera une radiographie de la gorge.

Chez l'adulte :

Le médecin procédera à l'examen des oreilles et du nez. Il vérifiera le degré de congestion des fosses nasales ainsi que l'état de la cavité buccale. Il pourra également procéder à l'examen du pharynx et à la palpation du cou pour vérifier si les ganglions ont augmenté de volume. S'il soupçonne une infection au streptocoque, il effectuera un prélèvement. Il demandera une prise de sang s'il soupçonne la présence d'une mononucléose.

Le médecin pourra demander à revoir le patient dans les 24 à 48 heures suivantes, afin de suivre l'évolution de la maladie.

Irritation ou traumatisme répété  :

Des traitements visant à calmer la douleur comme sucer de la glace ou manger des aliments froids ainsi que des analgésiques seront prescrits. S'il y a lieu, le médecin pourra également prescrire un anesthésique. Si c'est le reflux gastro-oesophagien qui cause l'irritation de la gorge, le médecin pourra prescrire des médicaments qui réduisent, neutralisent ou aident à évaluer l'acidité de l'estomac. Dans le cas d'une allergie, le médecin prescrira des stéroïdes topiques ou oraux (cortisone) ou encore un antihistaminique. Le traitement des maladies auto-immunes vise à soulager les symptômes qu'elles causent.

Infection  :

Des antibiotiques oraux seront prescrits. Le traitement peut varier de 3 à 10 jours. Les allergies à la pénicilline doivent toujours être signalées au médecin. La mononucléose infectieuse nécessite du repos, des antibiotiques et, dans certains cas, de la cortisone pour aider à désenfler la gorge. Les infections à champignons seront soignées avec un médicament antifongique. Les abcès nécessiteront la prise d'antibiotiques oraux ou intraveineux. Un drainage sera parfois nécessaire.

Épiglottite  :

Si elle n'est pas traitée rapidement, l'épiglottite peut entraîner la mort. Toutefois, le vaccin contre l'Haemophilus influenzae a permis de diminuer les cas. Un traitement antibiotique intraveineux sera administré pendant 7 à 10 jours. On pourra également avoir recours à l'intubation de façon préventive pendant trois à sept jours, c'est-à-dire placer un tube dans la trachée pour permettre la respiration.

Cancer  : 

Il sera traité en fonction de son emplacement, de la taille de la tumeur, de l'âge du sujet et de son état général. Habituellement, un traitement combiné de chimiothérapie-radiothérapie ou de radiothérapie-chirurgie est institué.

Initialement publié le 31/05/2001 - 02h00 et mis à jour par <a href="/taxonomy/term/19206" hreflang="fr">Dr Philippe Presles</a> le 13/01/2014 - 12h51

Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2005.

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