L'image " archaïque " de la maladie mentale

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Février 2001 : 01h00
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Le ministère de la Santé et l'OMS ont présenté les résultats d'une vaste enquête menée depuis deux ans sur l'image de la maladie mentale dans la population. Malgré les nombreux progrès des connaissances et de la prise en charge, la perception des troubles mentaux reste très archaïque. De plus, outre l'hôpital, les structures de soins restent très mal connues.

Cette enquête a été réalisée en France métropolitaine, Guadeloupe, Réunion, Comores, Madagascar et l'île Maurice, afin d'explorer les représentations de la folie et des maladies mentales dans diverses cultures. Les troubles mentaux concernant tous les pays, la majorité des personnes interrogées connaissent un proche atteint. De plus, 34% d'entre elles ont souffert elles-mêmes d'un tel trouble dans les 12 mois précédents. Pourtant, l'image de la santé mentale a très peu évoluée et reste franchement « archaïque ». Même si la perception de la dépression est majoritairement présente, des différences émergent selon les pays. En France, elle est associée à une perte d'intérêt, à un état de tristesse et à des pleurs alors qu'à l'île Maurice ou en Guadeloupe, on retrouve plutôt l'idée de crise et de stress. Le concept de souffrance lui ne varie pas et plus de 90% des personnes pensent que la famille souffre également de l'impact.

L'ignorance des structures de soins

Les plus grands écarts portent sur le recours aux soins. En métropole et dans les départements d'outre-mer, on s'adresse en priorité à son médecin généraliste alors qu'aux Comores et à Madagascar, se sont les instances magico-religieuses que l'on consulte en premier (il faut reconnaître que dans ces lieux, prêtres et marabouts sont plus nombreux que les structures psychiatriques). Mais quel que soit le recours la consultation s'accompagne d'un sentiment de mieux être dans 75% des cas !Etonnement supplémentaire, les Français méconnaissent les structures de soins autres que l'hôpital. Seule une personne sur trois est en mesure de citer un de ces établissements. Un gros travail d'information sur les alternatives à l'hospitalisation reste donc à faire. Dans cet objectif, la prochaine journée mondiale de la santé (le 7 avril 2001) portera sur les pathologies mentales. Intitulée « Non à l'exclusion, oui aux soins », cette manifestation vise à lever l'ignorance et les préjugés entourant encore aujourd'hui l'ensemble de ces troubles.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 19 Février 2001 : 01h00
Source : Enquête soutenue par l'OMS et le ministère de la Santé réunissant 11.000 questionnaires.
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