Démangeaison de la vulve : quelles causes et que faire ?

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé et validé par Dr Brigitte Letombe, gynécologue médicale le Mardi 26 Juin 2018 : 17h52

Quand elles touchent les zones intimes, les démangeaisons constituent une gêne réelle… mais souvent taboue. Car les irritations de la vulve ont des causes bien distinctes, et à chacune correspond un traitement. Il est donc important d'en parler avec un médecin.

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C'est un événement quasi-incontournable dans la vie d'une femme. Les douleurs, brûlures et démangeaisons de la vulve constituent l'une des principales causes de consultations en gynécologie.

Mais derrière ce symptôme universel se cachent, en réalité, une pléiade de causes. Le problème, c'est que "la plupart des femmes ont recours à l'automédication", déplore le Dr Brigitte Letombe, gynécologue médicale à Lille (Nord). La faute, notamment, aux délais d'attente trop longs avant un rendez-vous chez le gynéco.

Cette automédication ne se fait pas toujours à bon escient. "La plupart des femmes pensent spontanément à une mycose, quand ce n'est pas l'avis du pharmacien, explique la spécialiste. Les médecins qui ne pratiquent pas d'examen gynécologique ont aussi tendance à le penser." Or, la mycose est loin d'être la seule cause de prurit vulvaire.

La mycose, la cause la plus fréquente

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Il faut le reconnaître, l'infection mycosique domine nettement dans les motifs de consultation pour démangeaisons de la vulve. Elle se manifeste aussi par des pertes blanches, épaisses et semblables à du lait caillé.

La cause est toujours la même : un déséquilibre la flore vulvo-vaginale, notamment au privilège de Candida albicans, habituellement présent en faible nombre. Cela s'accompagne d'une modification du pH.

"Il ne s'agit pas d'une infection sexuellement transmissible", insiste le Dr Brigitte Letombe. Le ou la partenaire n'en est pas responsable. La cause en est toute autre : une acidification du pH avec déséquilibre du microbiote, qui permet le développement du champignon.

Les facteurs de risque sont nombreux (irritation des muqueuses, sous-vêtements inadaptés, protections hygiéniques qui assèchent la vulve…), et certains sont récurrents. "Les mycoses surviennent souvent après un traitement antibiotique ou corticoïde, qui déséquilibrent la flore bactérienne", explique la gynécologue médicale. Un autre facteur de risque à évoquer en cas de mycoses récidivantes est le diabète.

Alors quelle solution ? Face à un problème de prurit, il faut toujours consulter un médecin. Mais une mycose, surtout récidivante, doit s'accompagner d'un autre réflexe : le recours aux probiotiques.

Ces traitements locaux, souvent sous forme de comprimés gynécologiques, permettent de rétablir l'équilibre de la flore vulvo-vaginale, et donc d'éviter les rechutes. "Beaucoup de femmes n'ont pas ce réflexe et souffrent de récidives, notamment en période pré-menstruelle car le pH vulvo-vaginal se modifie", explique le Dr Letombe.

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