Charbon : les mauvaises plaisanteries se chiffrent

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 12 Novembre 2001 : 01h00
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Tristement, la France a battu le record européen, si ce n'est mondial, des plaisanteries de mauvais goûts. Avec 2.806 fausses alertes signalées depuis le 11 septembre, ces pseudo-menaces commencent à coûter très chères aux contribuables : à chaque intervention, plusieurs milliers de francs sont dépensés. Heureusement, les auteurs de courriers suspects deviennent moins nombreux.

Tandis qu'aucun cas de maladie du charbon n'a été détecté dans l'hexagone, Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, déplore cette « avalanche de stupidités criminelles qui assaillent les services hospitaliers et désorganisent le système de soins. »

Chaque alerte coûte plusieurs milliers de francs car elle active systématiquement l'organisation minutieuse et impressionnante qui a été mise en place afin d'assurer la sécurité en cas d'éventuelle attaque bioterroriste : intervention de police, pompiers, équipe de désinfection ; transport en urgence puis soins médicaux préventifs ; acheminement de l'enveloppe suspecte pour analyser son contenu… Beaucoup de temps et l'énergie humaine sont ainsi dépensés en pure perte et à une vitesse fulgurante étant donné qu'il est capital d'obtenir les résultats des analyses de la poudre au plus tôt pour réduire au maximum les risques et la durée du traitement antibiotique préventif.

Une baisse a été enregistrée

Actuellement, on constate nettement une baisse du nombre de courriers suspects. Par exemple dimanche 4 novembre, 19 alertes ont été déclenchées, contre 23 le dimanche précédent ; de même, elles étaient au nombre de 53 le samedi 3 novembre, contre 104 le samedi précédent.

La menace d'une peine de prison est-elle en cause ?

Il est fort probable que la comparution immédiate assortie de peine de prison pour les auteurs de courriers criminels a contribué à calmer le zèle des plaisantins qui ne se recrutent plus que dans 11 départements contre encore 69 la semaine dernière.Cette baisse des alertes sera notamment bénéfique aux laboratoires chargés d'analyser le contenu des enveloppes. En effet, ils pourront produire des résultats plus rapidement, en moins de 72 heures, raccourcissant en conséquence le traitement antibiotique prescrit systématiquement par mesure de précaution à toute personne ayant été en contact avec une enveloppe suspecte. Depuis les attentats, entre 2.000 et 2.500 personnes ont subit un traitement, inutile puisque que les examens se sont révélés négatifs jusqu'à présent. Ces derniers jours, 1.300 Français étaient encore sous antibiothérapie.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 12 Novembre 2001 : 01h00
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