Vous êtes diabétique ou hypertendu ? Testez votre microalbuminurie !

Publié le 11 Octobre 2005 à 2h00 par Dr Philippe Presles
La microalbuminurie est un test simple qui se réalise à partir d'un échantillon d'urine. Celui-ci a été défini comme un marqueur fiable de risque cardiovasculaire chez le diabétique et chez l'hypertendu. Réalisé systématiquement, il permettrait une meilleure prise en charge préventive.
© Fotolia
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

L’hypertension et le diabète abîment les reins

L'hypertension artérielle et le diabète sont souvent associés.

Globalement, l'hypertension est deux fois plus fréquente chez les diabétiques. Or ces deux affections conjuguent leur agressivité sur les reins. Classiquement, la présence de protéines dans les urines, ou protéinurie, signale une atteinte rénale déjà évoluée.

La mesure de la microalbuminurie est particulièrement intéressante car elle permet de signaler cette atteinte à un stade plus précoce et surtout à un stade réversible. Mais de plus, elle reflète l'augmentation du risque cardiovasculaire.

La microalbuminurie témoigne du risque cardiovasculaire

Chez le diabétique, la présence d'une microalbuminurie multiplie par deux à quatre le risque de survenue d'un évènement cardiovasculaire. Et le risque d'accident vasculaire cérébral est multiplié par trois ou quatre.

Chez les hypertendus modérés, qu'ils soient diabétiques ou non, la présence d'une microalbuminurie accroît d'un facteur trois le risque de cardiopathie ischémique.

Face à ces données, la Société européenne d'hypertension recommande de considérer la microalbuminurie comme un marqueur fiable et indépendant du risque cardiovasculaire, tant chez le diabétique que chez l'hypertendu.

En cas d'anomalie, une adaptation de la prise en charge permet de diminuer les risques cardiovasculaires des patients et de ralentir la progression de l'insuffisance rénale.

La mesure de la microalbuminurie en pratique

En pratique, le médecin mesure une fois par an la microalbuminurie, si le test par la bandelette urinaire standard est négatif.

Cette mesure peut se faire :

  • sur un échantillon urinaire au hasard (exprimé en rapport de concentration albumine/créatinine ; pathologique si supérieure à 30mg/g),
  • sur les urines de la nuit (pathologique si supérieure à 20µg/mn),
  • sur les urines des 24 h (pathologique si supérieure à 30 mg/24 h).

Le résultat sera considéré comme pathologique s'il est confirmé à deux reprises.

Une microalbuminurie et/ou une protéinurie confirmées devront être quantifiées sur les urines des 24 h.

Source : Le Quotidien du médecin, n°7811, septembre 2005.