Vaccins : les 10 réponses essentielles

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que les vaccins sauvent 2 à 3 millions de vie chaque année mais 20 à 30% des Français hésitent à se faire vacciner. La ministre de la Santé a décidé de faire de 2016 « l’année d’enjeu de la vaccination » avec, au programme, un débat citoyen. Questions-réponses.

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Qu’est-ce qu’un vaccin ?

Un vaccin consiste à immuniser contre une maladie infectieuse. Après avoir été rendu inactif, l'agent infectieux est injecté dans l’organisme qui va apprendre à le reconnaître et à s’en défendre en produisant des anticorps quand il sera en contact avec lui.

Important : le vaccin protège la personne de la maladie mais aussi les autres ! Plus il y a de personnes vaccinées moins l’agent infectieux peut circuler. Contrairement aux médicaments prescrits à des personnes malades, les vaccins sont inoculés à des personnes en bonne santé d’où l’importance de bien évaluer la balance bénéfices-risques.

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Quels sont les vaccins obligatoires ?En France, trois vaccins sont obligatoires chez les enfants de moins de 11 ans : diphtérie, tétanos et poliomyélite. Les autres sont recommandés. Excepté l’Italie, il n’y a pas d’obligation vaccinale chez nos voisins européens. La question fait débat chez nous mais, pour l’heure, le gouvernement n’a pas tranché : « On ne peut pas prendre le risque de supprimer l’obligation dans le contexte de méfiance actuelle mais il est vrai que la différence entre vaccins obligatoires et vaccins recommandés n’est pas cohérente », souligne la ministre de la Santé.Pourquoi faut-il se vacciner contre des maladies qui ont disparu ?La poliomyélite et la diphtérie ont été éradiquées sur une bonne partie de la planète mais leurs agents infectieux continuent à circuler dans quelques régions du monde. Selon les autorités sanitaires, le relâchement de la vaccination pourrait faire réapparaître ces maladies. Entre 1989 et 2012, quelques cas de diphtérie ont été signalés en France chez des personnes arrivant de Madagascar, Russie, etc. L’année dernière, un enfant a été atteint de diphtérie en Espagne. Entre 2004 et 2013, 111 cas de tétanos ont été notifiés en France dont 29 décès.Y-a-t-il des contre-indications ?La vaccination doit être différée en cas d’affection fébrile même légère et chez les femmes enceintes (sauf si les risques liés à la maladie sont très importants pour la mère et le bébé) et écartée chez les personnes allergiques à certains excipients (oeufs, gélatine...) présents dans certains vaccins. De même, les vaccins vivants atténués (ROR, BCG, varicelle, rotavirus, etc.) sont déconseillés chez les patients dont le système immunitaire est affaibli. En cas d’antécédents de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaque, le signaler à son médecin.La rougeole est-elle grave ?Très contagieuse et le plus souvent bénine, la rougeole peut se compliquer de troubles pulmonaires et neurologiques graves, voire mortels. Le vaccin est recommandé chez les nourrissons depuis 1983. Pour autant, la rougeole n’est pas éradiquée en France : « entre 2008 et 2014, 24 000 cas ont été recensés entrainant 5300 hospitalisations et 10 décès dont 7 chez des sujets non vaccinés », selon Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l’Institut National de Veille Sanitaire. Deux doses de vaccin sont nécessaires pour être bien protégé.Peut-il y avoir des effets secondaires ?Les vaccins comme les médicaments peuvent entrainer des effets indésirables. Généralement bénins, certains peuvent être graves comme les chocs anaphylactiques ou les maladies auto-immunes. Le vaccin contre l’hépatite B a été suspecté d’entrainer des scléroses en plaques, les études ne montrent pas de lien mais quelques cas restent troublants. En France, après avoir reçu le vaccin Pandermix en 2009 contre la grippe H1N1, une soixantaine de jeunes ont développé une narcolepsie, une maladie auto-immune entrainant une somnolence incontrôlable dans la journée.L’aluminium est-il dangereux ?Les adjuvants sont ajoutés aux vaccins pour accroitre la réponse immunitaire avec moins d’antigène. Utilisé depuis 1927, l’hydroxyde d’aluminium est généralement bien toléré mais, chez certaines personnes, il pourrait entrainer des troubles neurologiques et musculaires rassemblés sous le nom de myofasciite à macrophages. En 2013, un rapport du Haut Conseil à la Santé Publique a conclu à l’absence de lien entre l’adjuvant et la maladie. Mais des études sur des souris indiquent que les particules d’aluminium peuvent migrer lentement jusqu’au cerveau. Les résultats sont en cours de publication. L’hypothèse d’une susceptibilité génétique à cet adjuvant est évoquée.Qui sont ceux qui se méfient ?

Ce sont souvent de jeunes parents, bien informés et urbains. La disparition des grands fléaux, les interrogations autour du vaccin contre l’hépatite B, la grippe H1N1, le cancer du col de l’utérus... ont ébranlé « l’adhésion historique à la vaccination », selon le sociologue Jocelyn Raude, et la peur des effets secondaires a pris le pas sur les bénéfices.

Autre problème : depuis 2008, il n’existe plus sur le marché de vaccin DTPolio seul, les parents désirant réaliser uniquement les vaccins obligatoires à leurs enfants sont donc obligés de recourir à des vaccins combinés contre leur gré.

Publié le 17 Février 2016 | Mis à jour le 18 Février 2016
Auteur(s) : Brigitte Bègue, journaliste santé
Source :
Plan d’action sur la vaccination présentée par Marisol Touraine le 12 janvier 2016.
Voir + de sources
Débat « Et si on arrêtait de vacciner », Académie de Médecine, 2 février 2016.
« Vaccins, le vrai du faux », Brigitte Bègue (éd° Delachaux et Niestlé).