Une prise de sang pour évaluer votre âge biologique réel

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Grâce à une simple prise de sang, des scientifiques sont parvenus à évaluer l'âge biologique réel de plusieurs personnes. Il peut être plus élevé que celui suggéré par la date de naissance.

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Faire plus jeune que son âge. Se sentir vieux avant l'heure. La langue française regorge d'expressions illustrant le fait que nous ne vieillissons pas tous au même rythme. Mais qu'en est-il en réalité ? C'est la question soulevée par l'université de Yale (Etats-Unis).

Pour y répondre, une équipe a mis au point un test sanguin visant à évaluer l'âge biologique réel de chaque individu. L'objectif final : exploiter ces résultats pour estimer le risque de décès prochain d'une personne. Cela ne semble pas improbable, au vu des données publiées dans la revue BioRxiv, bien que celles-ci restent à confirmer.

Ce test sanguin s'appuie sur l'analyse de neuf marqueurs (1) mesurables par une simple prise de sang. Grâce à un algorithme, les scientifiques peuvent calculer l'âge "phénotypique" de chaque patient.e, c'est-à-dire l'âge réel du corps, et non celui fixé par notre date de naissance.

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Même sans pathologie

L'équipe de Yale a mis ce dispositif à l'épreuve des faits, en le testant sur les échantillons de 9 000 hommes et femmes recrutés dans le cadre d'une étude américaine. Premier constat : les femmes ont, dans l'ensemble, un âge phénotypique plus faible que les hommes.

L'autre observation, c'est que les personnes qui vieillissent "plus vite" que leur âge sont à risque accru de décès. Une augmentation légère (9 %), certes, mais plein de sens, aux yeux du principal auteur de cette étude.

"Nous avons montré que, même chez des personnes qui ne sont porteuses d'aucune maladie, et donc a priori en bonne santé, nous pouvons observer des différences dans l'espérance de vie, explique Morgan Levine, interrogé par The Guardian. Vous pouvez avoir l'air de quelqu'un de 65 ans mais, physiologiquement, être quelqu'un de 70 ans."

A partir de ces éléments, on pourrait donc évaluer le risque de décès prématuré d'un individu. Les scientifiques ont, en effet, constaté que les personnes "plus âgées" que la date indiquée par leur date de naissance étaient plus nombreuses à mourir dans la décennie suivante. Reste à confirmer ces observations dans le cadre d'études plus larges.

(1) Les 9 marqueurs analysés pour évaluer l'âge phénotypique sont l'albumine, la créatinine, la glycémie, la protéine C-réactive, les phosphatases alcalines, le nombre de lymphocytes, le taux de globules blancs, le nombre de cellules totales et la distribution des globules rouges.

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