Tours : la stimulation électrique testée contre l’alcoolisme

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Appel à volontaires au CHU de Tours (Indre-et-Loire). Les médecins addictologues ont lancé un essai clinique pour tester l'efficacité de la stimulation trans-crânienne contre la dépendance à l'alcool.

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Le CHU de Tours (Indre-et-Loire) a besoin de volontaires. Plus précisément de personnes souffrant d'une dépendance à l'alcool. Un essai clinique est en cours pour tester une nouvelle approche dans cette maladie : la stimulation électrique trans-crânienne.

Cette technique ne nécessite aucune intervention particulière. Les médecins posent des électrodes sur le crâne, au niveau de la zone à stimuler. Dans ce cas précis, le cortex préfrontal, qui serait impliqué dans le phénomène de dépendance.

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"Le premier symptôme qui apparaît dans l'addiction à l'alcool, c'est la perte de contrôle, c'est-à-dire que quand j'ai décidé que je ne boirai pas, je bois quand même, explique le Dr Hussein El-Ayoubi, coordinateur de l'étude à Tours, à nos confrères de France 3 Touraine. C'est le cortex préfrontal qui, à force de répéter le comportement de consommer de l'alcool, perd le contrôle sur la zone des émotions, la zone de la mémoire, la zone du plaisir."

Deux séances par semaine

En stimulant cette région du cerveau, les médecins espèrent rétablir le fonctionnement normal de ces circuits… et se débarrasser de l'addiction. Mais pour cela, il sera nécessaire de définir le bon rythme de traitement.

Dans le cadre de cette étude, qui cessera à la fin de l'année 2019, les volontaires bénéficieront de deux séances de 13 minutes par semaine. Les scientifiques qui la coordonnent ne cachent pas leurs espoirs.

"C'est un traitement novateur dans le sens où il agit sur une zone du cerveau où l'on n'a pas de médicaments", indique le Dr El-Ayoubi à France 3 Touraine. En effet, l'arsenal thérapeutique est pour le moment limité.

Les personnes souhaitant se sevrer en raison d'une addiction ont accès à des psychothérapies, censées accompagner chaque patient.e dans sa démarche. Sur le plan des médicaments, plusieurs molécules sont autorisées et remboursées – comme le nalméfène (Selincro®) ou le baclofène.

Ces médicaments agissent sur l'envie compulsive de boire et visent donc une diminution de la consommation d'alcool. Mais les résultats sont inégaux et les rechutes fréquentes. Pour rappel, 2 à 3 millions de personnes souffrent d'une dépendance à l'alcool en France.

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