Un test urinaire pour détecter la présence de prions

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 09 Juillet 2001 : 02h00
Depuis l'apparition de l'ESB (Encéphalite Spongiforme Bovine) et des premiers cas de la forme humaine, les scientifiques recherchent avec acharnement un test de diagnostic précoce. Peu étudiée jusqu'à présent, la détection du prion dans les urines pourrait représenter aujourd'hui une voie afin d'établir un test de dépistage, comme le suggère une équipe israélienne qui vient de mettre en évidence la présence d'une forme variante du prion dans les urines d'animaux atteints d'ESB et d'hommes victimes de la MCJ (maladie de Creutzfeltd Jakob).
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La mise au point d'un test urinaire détectant précocement la présence de prions représenterait un grand pas en avant. En effet, un tel test permettrait une identification de la maladie avant même l'apparition des premiers symptômes.

En premier lieu, cette équipe israélienne a détecté dans l'urine d'animaux atteints d'ESB et d'hommes touchés par la MCJ, la présence d'une forme variante du prion avant d'observer les premiers signes cliniques de la maladie.Par la suite, les auteurs ont testé les urines de 20 hamsters et de 12 bovins atteints d'ESB, ainsi que de 8 patients touchés par la MCJ. Comparé à des groupes contrôles d'animaux et d'hommes, ils ont identifié cette forme de prion uniquement dans les urines des animaux et des humains malades. Les tests étaient donc négatifs chez les sujets sains.

La mise en évidence de cette protéine dans les urines a suscité quelques inquiétudes quant à une éventuelle contamination par l'intermédiaire des sols souillés par les urines. Cependant, il semblerait que cette forme urinaire n'ait pas les mêmes propriétés que celles retrouvées dans le cerveau et responsable de l'infection et des signes cliniques.

Ces résultats ouvrent certes une nouvelle voie dans la mise au point d'un test précoce de la maladie, mais nous ne savons hélas toujours pas comment y remédier ! En revanche, il permettrait pour l'instant d'évaluer plus précisément l'ampleur de la contamination humaine.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 09 Juillet 2001 : 02h00
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