Surpoids et immunité : pourquoi l'obésité aggrave les infections virales et bactériennes

Publié par Stéphane Leduc
le 16/02/2026
Prompt 2: Une femme d'une quarantaine d'années, souriante et confiante, est debout dans sa cuisine l
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L'obésité (IMC ≥ 30) constitue un facteur de risque majeur, augmentant de 70 % la probabilité d'hospitalisation ou de décès suite à une infection, bien au-delà de la seule Covid-19. Une vaste analyse internationale publiée dans The Lancet met en lumière comment l'excès de poids affaiblit durablement les défenses immunitaires face à une large gamme de pathologies infectieuses.

L'excès de poids ne pèse pas seulement sur les articulations ou la santé cardiovasculaire, il modifie profondément la capacité de l'organisme à se défendre contre les agressions extérieures. Pendant longtemps, l'attention s'est focalisée sur les comorbidités classiques comme le diabète ou l'hypertension, mais la crise sanitaire récente a mis en exergue une vulnérabilité immunitaire spécifique. Les chercheurs confirment désormais que cette fragilité concerne un spectre pathologique bien plus large que les simples virus respiratoires saisonniers.

Cette réalité vient d'être chiffrée avec précision grâce à une analyse d'envergure portant sur plus de 540 000 participants suivis au Royaume-Uni et en Finlande. Les conclusions sont sans appel : l'adiposité excessive agit comme un catalyseur pour les maladies transmissibles, transformant des infections courantes en complications médicales sévères nécessitant une prise en charge lourde.

Identifier l'ampleur du risque infectieux

Les données publiées dans la revue scientifique mettent en évidence une corrélation statistique forte. Les personnes présentant un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 font face à un risque accru de 70 % d'hospitalisation ou de décès lié à une maladie infectieuse par rapport aux individus de poids normal. Cette récente étude de The Lancet sur l'obésité et les infections démontre que ce danger ne se limite pas à un type de pathologie.

Le spectre des maladies concernées est vaste et inclut la grippe, les pneumonies, mais aussi les gastro-entérites ainsi que les infections des voies urinaires et cutanées. L'analyse révèle que l'obésité augmente le risque d'infections graves de manière indépendante, même après avoir pris en compte d'autres facteurs comme le tabagisme ou le statut socio-économique. Ce constat souligne l'urgence de considérer l'état pondéral comme une variable critique dans l'évaluation de la santé immunitaire globale.

Analyser la relation dose-réponse

La gravité des complications suit une progression linéaire inquiétante : plus l'indice de masse corporelle est élevé, plus le système de défense s'effondre. Le risque n'est pas uniforme et s'aggrave considérablement chez les patients atteints d'obésité sévère. Pour ceux classés en obésité de classe III (IMC ≥ 40), la probabilité de subir une hospitalisation pour infections ou d'en décéder est multipliée par trois par rapport à la population générale.

L'impact de ce phénomène à l'échelle mondiale est considérable. Les modélisations suggèrent que l'excès de poids pourrait être impliqué dans environ un décès sur dix lié à une maladie infectieuse, ce qui représente potentiellement 0,6 million de morts par an. Cette donnée illustre comment un IMC élevé favorise la complication infectieuse, transformant un problème métabolique en un enjeu majeur de lutte contre les épidémies.

Comprendre l'affaiblissement des défenses naturelles

Pour expliquer cette vulnérabilité, les scientifiques pointent du doigt l'état inflammatoire chronique induit par l'excès de tissu adipeux. Le gras corporel n'est pas une simple réserve d'énergie, c'est un tissu biologiquement actif qui sécrète des molécules perturbant l'équilibre interne. On observe ainsi un dérèglement du système immunitaire où l'obésité par son mécanisme inflammatoire altère la réponse des lymphocytes T et des cellules NK, pourtant essentiels pour neutraliser les pathogènes.

Il existe cependant une perspective encourageante : cette situation est réversible. Les données montrent que la [perte de poids favorise la réduction du risque d'infection](https://francais.medscape.com/viewarticle/lob%C3%A9sit%C3%A9-associ%C3%A9e-risque-accru-dinfections-2026a10004gy). Les personnes réussissant à passer d'un statut d'obésité à un surpoids ou un poids normal voient leur risque diminuer d'environ 20 %. Cela renforce l'importance de la vaccination préventive, notamment contre la grippe et la pneumonie, qui reste une recommandation prioritaire pour ces profils à risque.

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