Suicide assisté : un scientifique de 104 ans quitte l’Australie pour mourir en Suisse

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A l'âge de 104 ans, David W. Goodall estime en avoir fini avec les plaisirs de la vie. Ce résident australien va se rendre en Suisse pour qu'on l'aide à mettre fin à ses jours car son pays ne le permet pas.

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La vieillesse est un naufrage, dit l'adage. Ça n'est pas David W. Goodall qui affirmera le contraire. A 104 ans, ce scientifique va se rendre en Suisse pour mettre fin à ses jours. Il y bénéficiera d'une procédure de suicide assisté, qui n'est pas autorisée en Australie, où il vit.

Le botaniste est né en 1914 à Londres (Royaume-Uni) mais il a choisi de passer sa vie en Australie. C'est finalement en Suisse qu'il va l'interrompre. Plus précisément près de Bâle. Pour cela, il ne sera pas seul. David Goodall va bénéficier d'une aide au suicide, comme la loi helvète l'y autorise.

Traverser la moitié du monde

L'homme ne souffre d'aucune maladie chronique ou incurable. Mais il est affaibli par l'âge. Sa mobilité est réduite, tout comme sa vision. Une dégradation suffisante pour qu'il souhaite en finir. "Jusqu'à 90 ans, j'appréciais la vie, mais ce n'est plus le cas, confie-t-il à ABC. Je regrette d'avoir atteint cet âge. Je ne suis pas heureux. Je veux mourir."

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David Goodall est déterminé, à tel point qu'il va traverser la moitié du monde pour atteindre son objectif. Car en Australie, le suicide assisté est interdit dans la plupart des Etats. Seul le Victoria l'autorisera en 2019, mais aux personnes souffrant d'une maladie en stade terminal avec une espérance de vie de six mois.

En Suisse, la loi est plus souple. Le grand âge est un argument suffisant pour bénéficier d'une aide au suicide. Les personnes âgées et atteintes de plusieurs pathologies invalidantes – comme David Goodall – peuvent prétendre à un tel dispositif.

Pour émettre la demande, il est nécessaire d'être en pleine possession de ses moyens intellectuels et de passer par une évaluation médicale. Etre en bonne condition physique est aussi essentiel : c'est à la personne d'ouvrir la valve qui libère un sédatif suffisamment puissant pour arrêter les battements du cœur.

Un militant actif

Du haut de ses 104 ans, le botaniste australien est un fervent militant en faveur de l'euthanasie. Vouloir mourir, "ça n'est pas triste", selon lui. "Ce qui est triste, c'est d'en être empêché."

Interrogé par ABC, David W. Goodall estime que chacun "devrait être libre de disposer de sa vie comme on l'entend. Si l'on choisit de mettre fin à ses jours, alors très bien. Je ne pense pas que quiconque devrait empêcher cela."

Selon La Tribune de Genève, 83 personnes âgées ont bénéficié du suicide assisté en 2017 en Suisse, sur les 286 individus ayant bénéficié du soutien d'Exit International, une ONG en faveur de l'euthanasie.

Hormis la Suisse, cinq Etats américains autorisent pour le moment l'aide au suicide. L'euthanasie active, elle, est légale dans quatre pays (Colombie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg).

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