Stress, dépression, anxiété : mauvais pour le coeur !

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Le cerveau peut être le pire ennemi du cœur et du système cardio-vasculaire, mais aussi son meilleur allié. Parce que l’état psychologique -stress, anxiété, dépression- joue beaucoup dans la maladie cardiovasculaire, la "psychocardiologie" vient de naître : pour préserver son cœur avant un infarctus du myocarde mais aussi après, pour limiter les récidives et l’aggravation d’une maladie cardiovasculaire existante.

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La "psychocardiologie", qu’est-ce que c’est ?

Le terme de "psychocardiologie" a émergé vers 2007. Les spécialistes qui s’y intéressent - encouragés par les Sociétés européenne et française de cardiologie- prédisent que d’ici à quelques années, tous les services de cardiologie et de réadaptation cardiaque proposeront des soins de psychocardiologie, sur le modèle déjà bien implanté des soins de psycho-oncologie. Déjà, en 2012, la Société européenne de cardiologie préconisait de prendre en charge les facteurs psychiques du fait d’un risque accru d’insuffisance coronaire et même de son aggravation. L’association médicale américaine du cœur (AHA) considère la dépression comme facteur de risque après un syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde et menaces d’infarctus appelé "angor instable").

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30% du risque d’infarctus est dû au stress psychosocial

Le stress psychosocial compte pour près d’un tiers dans le risque d’infarctus. C’est le troisième facteur de risque déterminant, quasiment à égalité avec le tabagisme et l’excès de cholestérol.

Souffrir de stress, de dépression ou d’anxiété augmente le risque de faire un infarctus du myocarde.

A l’inverse, avoir été victime d’un syndrome coronaire aigu accroit le risque d'anxiété ou de dépression et donc augmente le taux de récidive. Un cercle vicieux.

Dr Jean-Pierre Houppe, cardiologue et pionnier de la psychocardiologie en France : « Cette déstabilisation psychologique peut également être déclenchée par de multiples évènements qui jalonnent le parcours d’un patient coronarien : angioplastie (dilatation des artères), pose d’un défibrillateur cardiaque, geste chirurgical et au pire, un arrêt cardiaque "récupéré".

Mais même en consultation de cardiologie en ville, le niveau de souffrance psychique des patients cardiaques est très élevé. Nous avions trouvé que plus de 60 % se plaignaient de stress dont 22 % de façon majeure. 40% souffraient d’anxiété dont 12 % à un niveau élevé et 20 % avaient des signes de dépression dont 7 % de dépression caractérisée. »

Publié le 09 Juin 2016 | Mis à jour le 09 Juin 2016
Auteur(s) : Hélène Joubert, journaliste scientifique
Source : D’après un entretien avec le Dr Jean-Pierre Houppe, auteur de « Prendre soin de son cœur - Introduction à la psychocardiologie ». Ed Dunod 2015