Seniors : la dépression cache la douleur

La douleur est très fréquente chez les personnes âgées. Selon les études, elle touche 30 à 75% des seniors. Or, en cas de dépression ou de symptôme démentiel, la douleur est extrêmement difficile à détecter. Il convient de la rechercher et d'être attentif, notamment, tout changement de comportement doit alerter.
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La douleur aiguë entraîne une modification de l'humeur de type anxiété, angoisse et peur. En revanche, la douleur chronique engendre une humeur à composante dépressive. Comme la dépression est également très fréquente chez les seniors, ce chevauchement rend périeux le diagnostic de douleur, d'autant plus en cas de trouble de la communication verbale.

Ces faits compliquent considérablement la détection de ces deux troubles. C'est pourquoi, il est important de connaître ces interconnexions afin de toujours penser à rechercher l'existence d'une douleur cachée.

Quelles stratégies ?

En cas de doute, il est possible de réaliser un « test thérapeutique » très simple. Celui-ci consiste à prescrire un antalgique (contre la douleur) puis d'observer l'effet 48 à 72 heures plus tard. Si l'état du sujet s'améliore, qu'il se sent mieux et reprend une activité sociale, il s'agissait effectivement d'un problème douloureux que l'on doit continuer à prendre en charge. A l'opposé, si aucun effet bénéfique n'est enregistré, il s'agit probablement d'une dépression. L'intérêt de cette technique est sa rapidité, par comparaison à la mise en place d'un traitement antidépresseur, qui demandera plusieurs semaines avant de faire preuve de son éventuelle efficacité.

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Douleur-démence-dépression

Le fatalisme et la sous-évaluation président. La douleur est très souvent sous-évaluée par le patient, comme par les professionnels. De plus, le sénior est souvent fataliste face à ses souffrances, pensant qu'il est tout à fait normal d'avoir mal en vieillissant. Les soignants parlent du syndrome des 3D, qui correspond à l'association imbriquée douleur-démence-dépression. Espérons que le plan Kouchner triennal de prise en charge de la douleur, dont un des axes concerne les personnes âgées, contribue à changer cet état d'esprit.Toujours est-il qu'il existe des échelles comportementales capables d'évaluer la douleur, même si celle-ci est masquée par une dépression ou un syndrome démentiel débutant. Elles sont appliquables tant à domicile qu'en institution aux personnes très âgées (plus de 85 ans) qui présentent des troubles de la communication. Soulignons que l'entrée en institution favorise les symdromes dépressifs, chez des personnes qui souffrent souvent déjà d'une autre pathologie.

Les maîtres-mots de la prise en charge de la douleur : écouter et se questionner !

Publié le 23 Avril 2003
Auteurs : Rédaction E-sante.fr
Source : " La douleur des femmes et des hommes âgés ", Renée Sebag-Lanoë, Bernard Wary, coll Ages, santé, Société, Ed.
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