Seine-Maritime : l’épidémie mortelle de méningite enfin expliquée

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Jusqu'en 2013, la méningite a fait des ravages en Normandie. Plus précisément en Seine-Maritime, où une épidémie a fait une vingtaine de morts. L'origine de cette mortelle flambée vient de trouver son explication.

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L'épidémie a laissé une trace durable dans l'esprit des habitants de Seine-Maritime. Dans ce département de Normandie, la méningite a fait 20 morts en moins de dix ans. Surtout des enfants et des bébés.

Ce n'est qu'en 2018, cinq ans plus tard, que des scientifiques sont parvenus à expliquer l'ampleur inhabituelle de cette flambée. Au cœur des recherches, réalisées par le CHU de Rouen et l'Institut Pasteur, un méningocoque du groupe B, baptisé B:14.

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Comme il présentait une virulence inhabituelle, les scientifiques ont voulu comprendre ses spécificités. Au cours de cette flambée, ils ont donc analysé les liquides biologiques de 3 522 volontaires vivant dans le département.

Lors de cette épidémie, la souche B:14 s'est adaptée pour persister longtemps dans l'organisme de certaines personnes tout en développant une extrême virulence chez d'autres. Les médecins ont, ainsi, constaté la présence d'une capsule sur l'enveloppe de souches prélevées chez des porteurs sains… ce qui est très inhabituel.

Un "interrupteur" génétique

En temps normal, le méningocoque de groupe B est présent dans le pharynx d'une personne sur dix, sans provoquer de symptômes pour autant. C'est ce qu'on appelle un porteur sain, qui permet à la bactérie de se propager sans tuer tous ses hôtes.

Dans ce cas, elle ne dispose alors pas d'une capsule, une sorte d'enveloppe de protection qui lui permet de se développer et d'attaquer l'organisme. Mais au cours de l'épidémie, la souche en circulation présentait les deux caractéristiques.

L'explication de ce phénomène réside dans l'activité génétique du méningocoque. Plusieurs gènes ont muté. L'un d'entre eux joue un rôle d'interrupteur : il est capable d'activer un mécanisme qui déclenche ou non le développement de la bactérie.

Du fait de cette virulence, la méningite a contaminé 165 personnes de 2003 à 2013 sur le seul département de la Seine-Maritime. Il aura fallu une campagne de vaccination massive pour venir à bout de cette inhabituelle épidémie.

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