Saignement de nez : la technique de compression efficace et l'erreur à bannir
Il s'agit d'un incident banal qui touche environ 60 % de la population au moins une fois dans sa vie. Pourtant, face à l'écoulement soudain de sang, les vieux réflexes ont la vie dure et peuvent parfois aggraver la situation. Que ce soit dû à la sécheresse de l'air en hiver, à une irritation ou à une fragilité capillaire, savoir comment réagir face à un saignement de nez et les premiers secours à apporter est indispensable pour gérer l'événement sans panique.
Épistaxis : stop au réflexe dangereux de la tête en arrière
L'image d'Épinal recommandant de basculer la nuque vers l'arrière est une erreur fondamentale qu'il faut absolument corriger. Cette position ne stoppe pas l'hémorragie ; elle se contente de diriger le flux sanguin vers l'arrière-gorge. Le sang avalé finit dans l'estomac, ce qui provoque une irritation gastrique importante, entraînant souvent des nausées voire des vomissements qui compliquent la prise en charge. Dans des cas plus rares, ce positionnement peut engendrer un risque de fausse route.
Pour adopter la bonne posture, il convient de s'asseoir calmement, le dos droit, et d'incliner légèrement la tête vers l'avant, en direction du sol. Cette position permet au sang de s'écouler par les narines sans obstruer les voies respiratoires. Il est essentiel de respirer tranquillement par la bouche et de limiter toute agitation, car le stress augmente le rythme cardiaque et, par conséquent, le débit sanguin. Il est donc impératif de ne pas pencher la tête en arrière pour garantir la sécurité de la personne affectée.
Arrêter le saignement de nez : la technique précise
Une fois la bonne position adoptée, l'arrêt de l'hémorragie repose sur une mécanique précise. Avant toute compression, demandez à la victime de se moucher doucement une unique fois. Ce geste, qui peut sembler contre-intuitif, permet d'évacuer les caillots existants qui empêcheraient une bonne coagulation. L'objectif est ensuite d'appliquer une pression directe sur la source du problème. Dans 80 % des cas, le saignement est antérieur et provient de la tache vasculaire de Kiesselbach, une zone très riche en vaisseaux sanguins située à l'avant de la cloison nasale.
Pour être efficace, pincez fermement la partie molle du nez, située juste en dessous de l'os, à l'aide du pouce et de l'index. L'erreur classique consiste à pincer l'arête osseuse, ce qui est totalement inutile. La clé du succès réside dans la patience : maintenez cette pression sans relâcher pendant 10 minutes chronométrées. Ce délai est incompressible car le mécanisme de coagulation nécessite au moins 7 minutes pour s'enclencher correctement. Si vous cherchez comment arrêter un saignement de nez avec une technique fiable, cette compression continue est la seule méthode validée. Pour optimiser le résultat, vous pouvez appliquer du froid sur l'arête du nez ou le front afin de provoquer une vasoconstriction. Cette approche combinée constitue pour l'épistaxis une compression efficace et rapide.
Urgence ou consultation : quand s'inquiéter ?
Si la majorité des épistaxis sont sans gravité, certaines situations exigent une réaction médicale rapide. Face à une épistaxis, que faire si la méthode usuelle échoue ? Si le saignement persiste après deux tentatives de compression de 10 minutes, soit plus de 20 minutes au total, il faut contacter les services d'urgence (15 ou 112). Il en va de même si l'hémorragie est abondante, si elle survient après un traumatisme crânien ou une chute, ou si la personne présente des signes de malaise, de pâleur ou de sueurs froides.
Concernant le saignement de nez et quand consulter un spécialiste hors urgence, soyez vigilants aux récidives fréquentes. Des saignements répétés sans cause évidente, surtout chez l'adulte, ou survenant lors de la prise de médicaments anticoagulants, justifient une visite chez le médecin traitant ou l'ORL pour écarter des causes sous-jacentes comme l'hypertension ou des troubles de la coagulation.