Rosacée : une maladie de peau qui gâche la vie

Publié le 13 Mars 2006 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
La rosacée est une maladie de la peau fréquente qui touche près de 10% de la population active. Principalement caractérisée par des rougeurs du visage et de petits vaisseaux apparents, la rosacée n'est pas attribuable à l'alcoolisme, contrairement à une idée répandue. Elle exerce un impact considérable sur la qualité de vie tant sociale, professionnelle que familiale.
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La rosacée se manifeste par des rougeurs et des vaisseaux apparents

La rosacée est une maladie à point de départ vasculaire. Elle se manifeste par des rougeurs au niveau des joues, du nez, du menton ou du front, par une sensation de picotement dans les yeux, par la dilatation de petits vaisseaux sanguins sur la surface de la peau et des boutons inflammatoires. Environ 10% de la population active est touchée par la rosacée, principalement des femmes, mais les hommes en sont, eux aussi, victimes, et chez ces derniers, l'évolution est souvent plus sévère.

La rosacée n'a rien à voir avec l'alcoolisme !

Attention, la rosacée n'est pas attribuable à l'alcoolisme ni à une mauvaise hygiène. Mais les idées reçues ont la vie dure, à tel point qu'hommes ou femmes atteints de rosacée craignent d'être pris pour des alcooliques.

On n'en meurt pas, mais la rosacée gâche la vie...

Plus globalement, la rosacée exerce un impact considérable dans la vie quotidienne : les patients sont gênés sur le plan psychologique et relationnel. La rosacée représente un facteur de stress (un comble sachant que le stress fait partie des facteurs aggravants et déclenchants les poussées de rosacée) et de perte de confiance en soi. La majorité des personnes atteintes de rosacée ressentent le besoin de cacher leur maladie.

La rosacée : une maladie dite "d'aggravation progressive"

Sans traitement, la rosacée peut évoluer. Il est donc essentiel de ne pas banaliser les symptômes. Il ne s'agit pas d'une simple question de teint que l'on peut camoufler. C'est une maladie qu'il faut traiter rapidement afin d'empêcher l'aggravation, et ce, même si les circonstances de survenue (stress, émotion, consommation de mets épicés ou ponctuelle de boissons alcoolisées) en font un sujet presque tabou, associé à une certaine culpabilité.

Quatre stades évolutifs dans la rosacée

La rosacée peut passer par quatre phases si elle n'est pas diagnostiquée et soignée.

Les bouffées vasomotrices ou stade des flushes : il s'agit de bouffées de rougeurs du visage, surtout au niveau des joues et du nez entraînant une rougeur, une sensation de chaleur et des picotements. De telles bouffées surviennent le plus souvent après un repas, des petits stress émotionnels, un changement de température ambiante, la pratique d'un sport, une ingestion d'épices ou d'alcool ou de boissons ou d'aliments chauds. Un larmoiement est parfois associé.

La couperose : la rougeur devient permanente et de petits vaisseaux sanguins dilatés apparaissent sur les joues et les pommettes.

La rosacée papulo-pustuleuse : les rougeurs sont permanentes et des boutons inflammatoires, élevures rouges centrées par un point blanc, plus ou moins nombreux apparaissent.

Les oedèmes persistants ou phymas : heureusement rares, ils correspondent à un épaississement irrégulier de la peau, dont le plus caractéristique est celui du gros nez rouge et bosselé appelé rhinophyma.

Quels sont les traitements de la rosacée ?

Les lésions de la rosacée pouvant devenir permanentes, il est nécessaire d'en parler à son médecin le plus rapidement possible.

Avant d'initier un traitement, il est important d'identifier les facteurs qui aggravent les symptômes et de les éviter : exposition solaire avant tout, stress, chaleur, vent, exercice physique, alcool, froid, bain chaud, aliments épicés, humidité, etc.

Le médecin est souvent là aussi pour aider à dépister les erreurs « cosmétiques » des patients atteints de rosacée qui ont très souvent également une peau « irritable », intolérante à tout et il faut leur conseiller des produits d'hygiène, de maquillage et des émollients réparateurs neutres et simples mais spécifiques.

Pour ralentir l'évolution, on dispose de médicaments locaux par crème, essentiellement à base de métronidazole et pour les formes sévères de médicaments par voie orlae, essentiellement des antibiotiques (cyclines). Au stade de la couperose, on utilise des traitements physiques et notamment au laser vasculaire. Spécifique et sélectif, il s'attaque à la paroi des vaisseaux dilatés sans abîmer les tissus autour. Enfin, les oedèmes persistants relèvent de la chirurgie réparatrice.

Pour en savoir plus

www.rosaceainfo.com

Source : Communiqué de presse Enquête Rosacée - France, menée auprès d'une centaine de patients, par des dermatologues, à l'initiative du groupe thématique Laser, de la Société Française de Dermatologie et du CRIR (Comité de recherche et d'information sur la rosacée), décembre 2005.