Ronflements et risque cardiovasculaire

Le simple ronflement est sans risque. En revanche, les ronflements intenses associés à des apnées obstructives du sommeil (arrêts transitoires de la respiration durant le sommeil) augmentent le risque cardiovasculaire. Une excellente raison de traiter les apnées du sommeil.

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Le syndrome d'apnées du sommeil : une maladie fréquente

Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil est une maladie fréquente qui touche, à un âge moyen, 4% des hommes et 2% des femmes. Les hommes sont donc plus souvent concernés, et encore davantage au fil de l'avancée en âge. Ainsi, à partir de 60 ans, plus de 25% de la population souffre d'apnées du sommeil. Cette affection se caractérise par des épisodes d'arrêt respiratoire durant de 10 secondes à une minute, et se répétant jusqu'à 300 fois par nuit. Mais la majorité des malades ne se rendent pas compte qu'ils se réveillent ainsi de nombreuses fois pour reprendre leur respiration (bruyamment). Ainsi, ce sont souvent les compagnons qui signalent les multiples pauses respiratoires. A l'opposé, les conséquences sont flagrantes pour le patient et son entourage : somnolence diurne, fatigue excessive, irritabilité, etc. Il est largement admis que le syndrome d'apnées obstructives du sommeil augmente le risque de mortalité, notamment par accidents de la route, mais également par maladies cardiovasculaires.

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Le syndrome d'apnées du sommeil augmente le risque cardiovasculaire

Les études se succèdent et montrent que la fréquence des évènements cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, insuffisance coronaire aiguë...) est plus élevée chez les personnes atteintes d'un syndrome d'apnées non traité, comparativement aux sujets sains. Quant au traitement par pression positive continue*, il réduit de façon significative le risque cardiovasculaire. En revanche, le simple ronflement n'augmente pas le risque cardiovasculaire. En conclusion, traiter un syndrome d'apnéez du sommeil apportera de multiples bénéfices, en améliorant votre qualité de vie et en diminuant votre risque de mortalité cardiovasculaire. Même si l'idée de devoir dormir avec un masque sur le nez vous rebute, les arguments sont solides, et sachez que dans certains cas (syndrome léger à modéré sans complication), on peut recourir à une orthèse d'avancée mandibulaire ! Parallèlement, en cas de troubles peu sévères, sachez que les règles hygiéno-diététiques peuvent se révéler efficaces. Alors, suivez ces quelques conseils :

  • Ne fumez pas.
  • Evitez les boissons alcoolisées.
  • Evitez les tranquillisants et les somnifères.
  • Perdez du poids si vous êtes en excès.
  • En cas de somnolence, évitez de conduire et de travailler sur des machines.
  • Traitez toute congestion nasale : rhume, rhinite...
  • Dormez sur le côté, la tête du lit surélevée.
  • Placez un humidificateur dans votre chambre.
  • Consultez votre médecin ou pharmacien afin de vérifier si vos médicaments ne risquent pas d'interférer avec le réflexe respiratoire ou le sommeil.

* La ventilation spontanée en pression positive permet de pressuriser l'expiration et ainsi de conserver les voies aériennes supérieures ouvertes. Elle est délivrée au dormeur par un masque placé sur le nez et relié à un compresseur.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 26 Novembre 2007 : 01h00
Mis à jour le Lundi 18 Janvier 2016 : 13h03
Source : The Lancet, pp 1046-1053, 19 mars 2005.