Renvoyée des urgences, elle fait une fausse couche en rentrant chez elle

© Adobe Stock

Une jeune femme témoigne avoir fait une fausse couche seule chez elle après avoir été renvoyée des urgences de Besançon. Elle confie son histoire à L’Est Républicain.

Publicité

"J’ai peur de retomber enceinte et de me retrouver dans la même situation." C’est un évènement traumatisant qu’a vécu Magdalena Cocatrix aux urgences gynéco-obstétricales de l’hôpital de Besançon. Le journal L’Est Républicain publie son histoire le 26 août 2018. Tout commence dans la nuit du 16 au 17 août, quand la jeune femme alors enceinte de trois mois est réveillée par " deux violentes douleurs au ventre". Elle se rendort mais au matin, Magdalena constate que son lit est "trempé de sang". "J’ai attendu que l’hémorragie cesse et je me suis rendue, par mes propres moyens, au CHU Minjoz (à Besançon, ndlr). J’y suis arrivée vers 8h20" témoigne-t-elle.

"J’avais peur d’une hémorragie massive"

Mais aux urgences, la jeune femme ne reçoit pas l’accueil qu’elle espérait. Après trois heures d’attente, une interne réalise une échographie et lui annonce que le fœtus n’est plus viable et qu’elle en train de faire une fausse couche. Elle est alors renvoyée des urgences avec une ordonnance de médicaments antidouleur. "Le personnel m’a précisé que je pouvais rentrer chez moi et que le fœtus sortirait tout seul petit à petit", se souvient Magdalena.

Publicité
Publicité

Ses contractions commencent dans le tramway qu’elle emprunte pour rentre à son domicile. "A peine arrivée chez moi, j’ai senti qu’une petite masse était expulsée. Mon pantalon était recouvert de sang. Je me suis enfermée à la salle de bains et me suis dévêtue avant d’aller dans la baignoire vide" décrit-elle au journal, encore sous le choc. Après avoir expulsé le fœtus, elle "[pousse] encore 20 minutes pour rejeter le placenta. J’avais peur d’une infection et d’une hémorragie massive" confie Magdalena.

Incompréhension et souffrance psychologique

Le compagnon de Magdalena, Alan, contacte alors les urgences où la jeune femme s’était rendue le matin même pour recevoir de l’aide et des conseils. Ne sachant que faire du fœtus, il demande également aux urgences s’il peut leur apporter. "La personne au bout du fil m’a dit que l’hôpital n’en ferait rien et que nous n’avions qu’à le mettre à la poubelle !", raconte-t-il. « Comment peut-on dire une chose pareille ? Comment peut-on abandonner une maman en détresse ? J’aimerais bien le savoir" s’insurge Alan dans les colonnes de L’Est Républicain. Magdalena reste elle aussi sidérée : "Pourquoi ne m’ont-ils pas gardée à l’hôpital,proposé une solution pour accélérer le processus ou un curetage, et donné un soutien psychologique ? Ils ne m’ont jamais demandé comment je me sentais, ni pendant, ni après." Sollicité par le journal, l’hôpital de Besançon affirme que la jeune femme épeut prendre contact avec la direction de l’établissement dès qu’elle le souhaitera" et qu’un rendez-vous lui avait été fixé dans 15 jours "dans le cadre des suites proposées aux femmes ayant subi une fausse couche".

15% des grossesses concernées par une fausse couche

Une fausse couche correspond à une interruption involontaire de la grossesse, entraînant la perte du fœtus. Cet évènement concerne environ 15% des grossesses et n’est jamais banal. Il peut être vécu comme un traumatisme par la femme qui le subit. C’est pourquoi un soutien psychologique est souvent nécessaire pour mieux vivre la situation et avant d’envisager une nouvelle grossesse.

Publié par Marion Maublanc, journaliste santé le Mardi 28 Août 2018 : 11h09
PUB
PUB