Rémifentanil : un anesthésique pourrait diviser par deux le nombre de péridurales

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Remplacer un antidouleur par un autre au début de l’accouchement pourrait suffire à diviser par deux le nombre de recours aux anesthésies péridurales.

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Une solution pour simplifier les accouchements ? Des médecins britanniques affirment que le rémifentanil, une substance anesthésique, pourrait diviser par deux le nombre de femmes qui reçoivent une péridurale. Selon eux, le rémifentanil réduirait plus efficacement la douleur que les substances actuellement administrées et pourrait donc suffire à soulager la femme en plein travail et à lui épargner le recours à une péridurale. Ils publient une étude sur ce sujet le 13 août 2018 dans la revue scientifique The Lancet.

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Seulement 19% de péridurale avec le rémifentanil

Pour mener leur recherche, ces médecins ont conduit un essai clinique à travers 14 maternités au Royaume-Uni. De façon aléatoire, ils ont administré soit du rémifentanil, soit de la péthidine – un analgésique fréquemment utilisé pendant l’accouchement – à des parturientes demandant un antidouleur. L’administration de ces médicaments s’est produite via injection intramusculaire, par analgésie contrôlée par la patiente (ou auto-analgésie), une méthode qui permet à une personne de s’administrer elle-même un antidouleur grâce à une pompe. Ainsi, pour cette étude, 201 femmes ont reçu du rémifentanil et 199 autres femmes ont reçu de la péthidine.

Résultat : 41 % des femmesayant reçu de la péthidine ont eu besoin d’une péridurale, contre seulement 19% des femmes ayant reçu du rémifentanil. Le changement de médicament a donc divisé par deux le nombre de demandes de péridurales.

Réduire les traumatismes des femmes parturientes

"Ces résultats remettent en question l’usage de la péthidine comme soin standard pendant le travail" écrivent les médecins dans leur publication. Si des travaux plus poussés sont nécessaires avant de modifier les recommandations en maternité, cette étude ouvre la voie à la réflexion. Diminuer aisément le nombre de péridurales pourrait améliorer le bien-être des femmes et diminuer leurs traumatismes physiques. En effet, la péridurale accroit "la probabilité d’une extraction instrumentale par voie basse (avec l’aide d’un forceps ou d’une ventouse, ndlr) et d’une prolongation de la deuxième phase de l’accouchement (temps de l’expulsion du bébé, ndlr)" rappellent les auteurs de l’étude dans leur publication. Or "une extraction instrumentale par voie basse est associée à des traumatismes du périnée  et à une morbidité à long-terme comprenant une incontinence fécale et des troubles sexuels" ajoutent-ils.

Dans de rares cas, la péridurale peut également générer plusieurs effets secondaires : une sensation de jambes lourdes, des nausées, des vertiges, une gêne pour uriner, une perte de sensibilité voire une paralysie des jambes.

 

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