Que faire quand l'enfant tant désiré se fait attendre ?

Publié le 04 Mai 2001 à 2h00 par Dr Philippe Presles
La plupart des couples pensent que dès l'arrêt de la contraception un enfant va naître neuf mois plus tard. Ce n'est pas toujours le cas, et le temps semble alors bien long ... Aujourd'hui, la difficulté à concevoir un enfant est abordée en y intégrant les deux partenaires. Seule l'alliance des deux fertilités permet ou non une grossesse.
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Stérilité, infertilité ou hypofertilité ?

Ne pas réussir à concevoir un enfant n'est pas toujours le signe d'une stérilité, c'est-à-dire d'une impossibilité. C'est pourquoi, les spécialistes préfèrent utiliser le terme d' « infertilité ». En effet, nombre de couples sont simplement hypofertiles et conservent donc un potentiel. Pour faire un bébé, certaines conditions sont indispensables: des appareils génitaux sains et des rapports sexuels satisfaisants en qualité et en fréquence. Ainsi, sans l'une de ces conditions, l'enfant peut se faire attendre longtemps sans pour autant pouvoir parler de stérilité.

Quand faut-il consulter ?

Après une année entière de rapports sexuels réguliers et non protégés sans succès, il est conseillé à un couple de moins de 30 ans de consulter. En revanche, certaines circonstances précises doivent amener à une consultation sans délais, comme une pathologie gynécologique masculine ou féminine suspectée ou connue, ou encore des troubles évidents du cycle menstruel. L'âge de la femme est également déterminant: au-delà de 35 ans les chances de concevoir s'amenuisent. Il devient donc important de ne pas trop attendre, car notamment le processus d'exploration de l'infertilité est souvent long et les techniques de procréation assistée sont moins efficaces quand l'âge avance.

Quels examens ?

Dans certains cas l'infertilité est évidente, mais dans d'autres, son origine reste inexpliquée. Des causes psychologiques ou d'ordre sexuel sont généralement suspectées. Chez la femme, il est nécessaire de connaître l'histoire de sa vie génitale, ses éventuelles grossesses et/ou interruptions, ses infections génitales antérieures ou ses interventions pelviennes, etc. Chez l'homme, le médecin interrogera sur des infections et des inflammations passées, des traumatismes des testicules, certaines maladies, la profession, etc.Les deux partenaires devront subir un examen clinique complet, notamment gynécologique. Une analyse des spermatozoïdes et chez la femme une courbe de température ainsi qu'une évaluation radiologique des voies génitales seront réalisées. Des bilans hormonaux seront demandés. A la suite de ces examens, l'origine du dysfonctionnement est trouvée et donc traitée, sinon, des examens plus poussés sont indispensables, comme le test postcoïtal permettant d'apprécier la réaction des spermatozoïdes en fonction des sécrétions vaginales. Parfois, une exploration chirurgicale de l'appareil génital de la femme est utile (une coelioscopie).

Dans tous les cas, il faut rester prudent et optimiste. Il n'est pas rare qu'une infertilité inexpliquée se termine par une grossesse soudaine !