Une pomme de terre qui vaccine

Une équipe américaine vient de démontrer que l'on peut vacciner des souris contre le virus de l'hépatite B, en les nourrissant aux patates ! Se vacciner en mangeant des pommes de terre pourrait donc rapidement devenir possible. Il s'agirait d'une révolution en matière de vaccination.
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Des chercheurs américains travaillent depuis plus de dix ans sur une nouvelle voie de vaccination: le vaccin oral, contre l'hépatite B. Ils viennent de franchir une nouvelle étape en montrant pour la première fois qu'il est possible de vacciner des souris en leur faisant manger des pommes de terre. Les patates ne sont bien sûr pas tout à fait classiques. Elles ont été transformées génétiquement, de telle sorte qu'elles expriment l'antigène du virus de l'hépatite B. Ainsi, après les avoir consommés, la souris a développé des anticorps spécifiques pour lutter contre cet antigène. Elle est donc vaccinée contre l'hépatite B !

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Comment transformer une patate en vaccin ?

Lors de la vaccination habituelle, on injecte au patient des éléments pathogènes affaiblis, qui stimulent le système immunitaire et le préparent à repousser en force toute nouvelle tentative d'infection. Pour la pomme de terre, le principe est le même, sauf que les plantes, modifiées génétiquement, développent elles-même des virus affaiblis. Il suffit alors de les manger et de les digérer pour être vacciné ! Les légumes pourraient ainsi remplacer les seringues.

Les intérêts de cette vaccination par les plantes sont multiples: · une administration facile (une prise orale contre une injection intramusculaire);· un coût moins onéreux, en matière de production et de voie d'administration;· et surtout bien adaptée à la vaccination de masse dans les pays en voie de développement.

Cette nouvelle technique pourrait avoir des applications autant chez l'homme que chez les animaux. Quant aux choix des parfums (tomate, banane, fraise), les possibilités n'ont pas encore été définies.

Publié par Rédaction E-sante.fr le Lundi 11 Décembre 2000 : 01h00
Source : Mason, Nat. Biotech., 2000, 18 : 1167-1171.