Pilule contraceptive : la pose d’une semaine entre deux plaquettes, vraiment nécessaire ?

Publié le 30 Janvier 2019 à 12h17 par Laurène Levy, journaliste santé
Enchaîner les plaquettes de pilule œstro-progestative est sans danger pour la santé et permettrait même de réduire le risque de grossesse non désirée, selon de nouvelles recommandations britanniques.
© Adobe Stock

Peut-on enchaîner sans crainte deux plaquettes de pilule ? Absolument, selon les dernières recommandations officielles de la FSRH (The Faculty of Sexual & Reproductive Healthcare of the Royal College of Obstetricians & Gynecologists), société savante de gynécologie britannique, publiées le 21 janvier 2019. Selon les experts de la FSRH, "l’intervalle de sept jours sans hormones ne présente pas d’intérêt pour la santé".

"Nous n’avons pas besoin d’un saignement mensuel régulier pour être en bonne santé"

C’est pendant cet arrêt d’une semaine que surviennent les saignements et les symptômes associés aux règles comme les maux de tête, les crampes abdominales et les variations d’humeur. Mais, selon la FSRH, les femmes sous pilule œstro-progestative (ou combinée) peuvent, en toute sécurité, supprimer les intervalles sans pilule chaque mois ou les mois de leur choix pour éviter les règles, les crampes ou d’autres symptômes.

"Si une femme sous contraception hormonale combinée souhaite éviter les menstruations, elle peut enchaîner les plaquettes. Nous n’avons pas besoin d’un saignement mensuel régulier pour être en bonne santé et de nombreuses femmes sont favorables à la possibilité d’éviter les saignements" développe la docteure Sarah Hardman, co-directrice de l’unité d’Efficacité Clinique de la FSRH dans un communiqué de cette société.

Enchaîner les plaquettes pour réduire le risque de grossesse

Mieux, enchaîner les plaquettes de pilules combinées permettrait de diminuer le risque de grossesse non désirée, simplement parce que la routine quotidienne de prendre un comprimé à heure fixe n’est dans ce cas pas rompue : "le moment le plus à risque d’oubli de pilule est au début et à la fin d’un intervalle sans pilule. Les recommandations suggèrent qu’en supprimant certains intervalles sans pilule ou en les raccourcissant à quatre jours, il est possible que les femmes réduisent leur risque de tomber enceinte sous contraception hormonale combinée" détaille la docteure Diana Mansour, vice-présidente de l’unité de Qualité Clinique de la FSRH citée dans le communiqué.

Un intervalle créé pour… le Pape

Mais si l’intervalle ne présente pas d’intérêt pour la santé des femmes et qu’il expose même à un risque d’oubli plus élevé, pourquoi a-t-il initialement été mis en place ? Pour des raisons religieuses, comme l’explique au Telegraph John Guillebaud, professeur émérite de planification familiale et de santé reproductive à l’Université College London (Royaume-Uni) : "le gynécologue John Rock a conçu l’intervalle parce qu’il espérait que le Pape accepterait la pilule et la rendrait acceptable pour les catholiques." Plus précisément, "Rock pensait que si elle imitait le cycle naturel, le Pape l’accepterait" poursuit le professeur Guillebaud. Le Pape n’a jamais accepté officiellement la pilule mais la pause d’une semaine a tout de même perduré.

La rédaction vous recommande sur Amazon :