Patchs et pastilles : comment les utiliser pour réussir son sevrage ?

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 22 Septembre 2014 : 09h51
Mis à jour le Lundi 29 Septembre 2014 : 14h00
© getty

Les patchs ont été utilisés par de nombreux fumeurs pour tenter de se sevrer du tabac, malheureusement régulièrement sans succès.

Pourtant ils réduisent bien l’envie de fumer et aident vraiment au sevrage.

Comment expliquer leurs échecs et surtout comment bien s’en servir pour réussir à se débarrasser du tabac ?

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Depuis un article paru en juin 1992 dans le New York Times, la grande majorité des fumeurs sont persuadés que s’ils craquent pour une cigarette alors qu’ils ont mis un patch de nicotine, leur vie est en danger. Et la plupart du temps ils terminent leur cigarette et enlèvent leur patch. Cette idée fausse est redoutable et quasi indestructible : elle explique une grande partie des échecs au sevrage avec les patchs. Les tabacologues ont beau expliquer à leurs patients que s’ils craquent, ce n’est pas grave, que le patch ne majore pas leur risque de faire un infarctus et qu’il est préférable qu’ils gardent leur patch et continuent leur sevrage, rien n’y fait.

L’échec des méthodes radicales

L’autre grand facteur d’échec est la méthode de sevrage radicale proposée par de nombreux professionnels de santé. Le jour J, il est demandé au fumeur de mettre son patch, de prendre ses pastilles si besoin (ou toute autre forme orale de nicotine) et d’arrêter de fumer totalement. C’est tout simplement l’horreur pour une grande majorité de fumeurs. La veille, ils ne pensent qu’à ça et sont malades. Le jour même ils ne pensent qu’à ça et souffrent atrocement du manque. Celui-ci est en effet majoré par la brutalité de la méthode, et les fumeurs sont finalement nombreux à craquer. Ils enlèvent alors leur patch, car « sait-on jamais, cela pourrait être dangereux », cf. l’article du New York Times.

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L’intérêt des méthodes progressives

C’est la raison pour laquelle de nombreux tabacologues proposent aujourd’hui une nouvelle méthode : il s’agit dans un premier temps de tester un patch, généralement un grand format. Le fumeur a le droit de fumer comme il le souhaite. Il lui est simplement demandé de noter le nombre de cigarettes fumées pour constater que le patch l’aide à fumer moins très naturellement car il en a moins envie. Au passage, on lui fait remarquer qu’il a fumé tout en portant un patch et qu’il ne s’est rien passé. Puis après quelques jours, on adapte la taille du patch, jusqu’à ce que le nombre de cigarettes résiduelles soit de 10 maximum, puis on lui propose de prendre des pastilles de nicotine à la demande. Autrement dit, à chaque fois qu’il a envie de fumer, le fumeur choisit entre une cigarette et une pastille. Et comme il voit que cela marche, il se fait progressivement à l’idée de remplacer toutes les cigarettes par des pastilles. Et le jour venu, il le fait sans se mettre la pression car il sait que s’il fume une cigarette, ce ne sera pas grave du tout.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 22 Septembre 2014 : 09h51
Mis à jour le Lundi 29 Septembre 2014 : 14h00
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