Parkinson : un test de l’odorat distingue la maladie avec 94 % de précision
Une étude publiée le 29 juillet 2026 dans la revue npj Parkinson’s Disease révèle une nouvelle piste pour mieux identifier la maladie de Parkinson. Développée par des chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences, cette méthode ne mesure pas seulement la capacité à reconnaître une odeur : elle analyse également la manière dont le patient la perçoit et adapte son reniflement.
Les premiers résultats sont encourageants. Le dispositif a distingué les patients parkinsoniens de personnes souffrant d’un autre trouble de l’odorat avec une précision atteignant 94 % dans une analyse ajustée selon l’âge et le sexe. Il ne s’agit toutefois pas encore d’un test de dépistage utilisable en consultation.
L’odorat peut être altéré avant les tremblements
La diminution de l’odorat, appelée hyposmie, concerne environ 75 à 90 % des personnes atteintes de Parkinson. Elle peut précéder de plusieurs années, voire de plusieurs décennies, les premiers symptômes moteurs, comme les tremblements, la rigidité ou le ralentissement des mouvements.
Cette particularité ne suffit cependant pas à établir un diagnostic. Une perte de l’odorat peut également être provoquée par le vieillissement, une infection virale, un traumatisme ou une maladie neurodégénérative différente.
Pour améliorer la spécificité du dépistage, les chercheurs ont donc étudié non seulement les performances olfactives, mais aussi la perception subjective des odeurs et les variations du débit d’air nasal.
Une réaction paradoxale aux odeurs désagréables
L’étude a réuni 33 patients atteints de Parkinson, 33 témoins du même âge et 28 personnes présentant un trouble olfactif sans maladie de Parkinson.
Les participants devaient évaluer différentes odeurs selon leur intensité, leur caractère agréable ou désagréable et plusieurs autres critères. Un capteur miniature enregistrait parallèlement la durée et l’intensité de leur première inspiration nasale.
Chez les témoins et les personnes souffrant d’une autre déficience olfactive, la durée du reniflement diminuait respectivement de 12,5 % et 11,36 % face à une odeur désagréable. Chez les patients parkinsoniens, elle augmentait au contraire légèrement, d’environ 1,69 %.
Cette différence suggère une perturbation de la boucle qui relie la perception d’une odeur à la réponse motrice du reniflement.
Une précision de 94 % à interpréter avec prudence
Un algorithme a combiné les évaluations sensorielles des participants et les mesures de leur respiration nasale. Il a distingué les patients atteints de Parkinson des personnes souffrant d’un autre trouble de l’odorat avec une précision globale de 88 %.
La performance a atteint 94 % après appariement des groupes selon l’âge et le sexe, avec une sensibilité de 100 % et une spécificité de 88 %. Ce résultat provient toutefois d’un petit échantillon et d’une validation statistique interne. Il ne représente donc pas encore la précision que le test obtiendrait auprès de la population générale.
Cette méthode ne repose pas uniquement sur la réaction à une mauvaise odeur. Elle associe plusieurs évaluations de la perception olfactive à la mesure du reniflement. Le protocole complet dure actuellement moins de 30 minutes.
Une piste diagnostique, pas encore un dépistage préventif
Ces travaux montrent que les patients atteints de Parkinson ne sentent pas seulement moins bien : ils pourraient également percevoir et explorer les odeurs d’une manière particulière. Cette signature aiderait ainsi à différencier la maladie d’autres causes de déclin olfactif.
L’étude ne permet cependant pas d’affirmer que le test détecte Parkinson avant ses manifestations motrices. Tous les patients examinés avaient déjà reçu un diagnostic et se trouvaient, pour la plupart, à un stade modéré de la maladie.
Des études plus importantes devront suivre des personnes à risque, notamment celles présentant des antécédents familiaux, une baisse inexpliquée de l’odorat ou certains troubles du sommeil. Elles permettront de déterminer si cette signature apparaît réellement avant les premiers symptômes moteurs.
Une diminution persistante de l’odorat ne signifie pas nécessairement qu’une personne développera Parkinson. Elle justifie néanmoins un avis médical lorsqu’elle s’accompagne de tremblements, d’une lenteur inhabituelle, d’une rigidité ou de troubles du sommeil.