Opération de la cataracte : le point sur les implants

Grâce à l’essor de la chirurgie réfractive, la correction des troubles visuels est de plus en plus performante. En raison d’une population vieillissante, l’opération de la cataracte, qui consiste à remplacer le cristallin par un implant, est l’intervention la plus réalisée dans notre pays.

Le point sur les différents types d’implant, sorte de cristallin artificiel.

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La cataracte, c’est quoi exactement ?

Le cristallin est une sorte de lentille très puissante qui assure l’accommodation et permet donc de voir net selon la distance. Or avec l’âge, il tend à s’opacifier, c’est la cataracte. Cette opacification très progressive du cristallin est à l’origine de divers troubles visuels : baisse de la vision, éblouissement, inconfort visuel, sensation de lunettes sales, de brouillard devant les yeux, altération des couleurs (jaunissement), etc.

Hélas, nous ne savons pas stopper la cataracte. En revanche, la chirurgie réfractive s’est développée et nous disposons aujourd’hui d’implants très performants pouvant remplacer un cristallin opacifié et offrir une excellente vision. Encore mieux, les implants peuvent corriger en plus un autre trouble visuel, une mauvaise vision de loin ou près, voire parfois les deux en même temps !

Avec plus de 600.000 interventions réalisées chaque année en France, l’opération de la cataracte est la plus réalisée, avec une hausse constante de 6 % par an. L’âge moyen des personnes opérées est de 70 ans, ce qui signifie que certains patients sont opérés bien jeune, d’autres plus tardivement, vers 85 ans. Ce n’est en effet pas l’âge qui doit guider la décision d’intervenir ou non, mais la gêne visuelle au quotidien. La vue est un facteur primordial dans le maintien de l’autonomie et dans la prévention des chutes des personnes âgées. Il est donc inutile, voire dangereux, d’attendre trop longtemps.

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L’opération de la cataracte : chaque implant a ses propres caractéristiques

Concrètement, l’opération de la cataracte consiste à extraire tout ou partie du cristallin opacifié et de le remplacer par un implant. Selon les cas, l’implant corrigera la cataracte uniquement ou en plus un autre problème réfractif comme une presbytie, une myopie ou une hypermétropie, ce qui permettra au patient de se passer de lunettes pour voir de loin ou de près, ou les deux. Il existe pour cela plusieurs types d’implant.

L’implant monofocal Il permet de corriger en plus de la cataracte une distance de vision, mais une seule, soit la vision de près, soit la vision de loin. Ainsi, une personne qui voit mal à la fois de loin et de près devra choisir en concertation avec son chirurgien la distance de vision à corriger avec l’implant. S’il s’agit par exemple de la vision de loin, elle devra alors encore porter des lunettes pour voir de près. C’est le mieux remboursé par la Sécurité sociale.L’implant multifocalIl permet de corriger simultanément plusieurs distances de vision et donc de se passer de lunettes : c’est pourquoi il séduit de plus en plus de personnes, même si une partie du coût de l’implant reste à charge de l’assuré.Comment se déroule l’opération de la cataracte ?L’intervention dure entre 15 et 30 minutes selon le type d’implant. Elle se déroule en ambulatoire, sous anesthésie locale administrée sous forme d’un collyre. Le patient ne dort donc pas sur place, il peut rentrer chez lui après l’opération. Environ une heure avant l’intervention, le patient reçoit un anxiolytique afin de se décontracter et quelques gouttes d’un collyre pour dilater son œil.Le cristallin opacifié est détruit. Les fragments sont extraits via une petite incision avant d’y introduire l’implant (pliable). Plus l’incision est petite, plus le risque infectieux est limité et plus la cicatrisation est rapide.La vue s’améliore quasiment instantanément, dès le lendemain, mais il faut compter 3 à 4 semaines pour qu’elle se stabilise.Durant les jours qui suivent, un collyre est prescrit pour forcer l’œil à rester au repos, ainsi que des collyres antibiotiques et anti-inflammatoires.Des consultations sont programmées après l’intervention pour s’assurer de la bonne suite opératoire et mettre en place une éventuelle correction complémentaire à la chirurgie par des lunettes.Opère-t-on les deux yeux en même temps ?

Cela se fait couramment aux Etats-Unis, alors qu’en France, on a tendance à différer un peu l’intervention du deuxième œil pour ne pas risquer des complications infectieuses simultanées par exemple.

Publié le 23 Mars 2015 | Mis à jour le 23 Septembre 2015
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr
Source : Société française d’ophtalmologie, 121ème Congrès de la Société Française d’Ophtalmologie, du 9 au 12 mai 2015, www.sfo.asso.fr.