Le nouveau code de la sexualité

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Dans une société où tout semble de plus en plus libre - notamment sur le plan sexuel - Paul Bensussan et Jacques Barillon, respectivement psychiatre et avocat, soulèvent la question des limites du droit et de la tolérance : peut-on vraiment tout faire entre adultes consentants ? Quelles sont les limites à ne pas franchir ? Leur livre, "Le nouveau code de la sexualité", apporte un éclairage en 62 questions. Un ouvrage à lire au moindre doute...

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Chacun est libre de faire ce qu'il veut... mais nul n'est censé ignorer la loi. Ce principe s'applique complètement à la sexualité dont les pratiques sont très encadrées, beaucoup plus en tout cas qu'on peut le croire. C'est ce qui ressort de la lecture du livre du Dr Paul Bensussan, psychiatre et expert de notre site e-santé. Pour vous permettre de vous en rendre compte, nous avons sélectionné 6 questions sur 62... C'est le principe du livre : répondez à chacune des affirmations avant de lire la réponse, en "vrai" ou "faux" :1. Un homme a désormais le droit de refuser d'être père C'est Faux. Grâce à la contraception et à l'avortement, les femmes ont plus de liberté pour choisir d'être mère ou pas. On pourrait croire dès lors qu'il en est de même pour les hommes, mais c'est faux. Outre le test ADN de recherche de paternité qui peut être demandé par un juge, un homme peut se voir réclamer une aide financière s'il a été en relation intime avec la mère pendant la période de conception de l'enfant. Il s'agit de « l'action à fin de subside »... 2. Chacun est libre de se promener nu chez soi C'est faux, si vous n'avez pas pris vos précautions pour ne pas être vu de l'extérieur. Néanmoins, que les amants des bois ou des plages se rassurent : s'ils ont pris leurs précautions pour ne pas être vus, ils ne seront en principe plus condamnés pour « outrage public à la pudeur ».

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3. Il est interdit de faire l'amour dans une voiture C'est vrai et c'est un délit d'exhibition sexuelle, puni d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. Qui, pourtant, ne l'a jamais fait ? En pratique, heureusement, les juges sont souvent plus relax La jurisprudence est cependant intéressante à connaître et il ne faut pas sous-estimer le traumatisme de la mise en examen... a fortiori en cas de relation clandestine.4. Toute relation sexuelle avant 15 ans, même consentie, est interdite par la loi C'est vrai si l'un des deux amants est majeur et c'est faux si les deux amants sont mineurs. Les parents de l'enfant mineur peuvent porter plainte pour « atteinte sexuelle », délit puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende. Ceci dit, les choses ne sont pas simples : en France, la majorité sexuelle (15 ans) est différente de la majorité civile (18 ans) ; de surcroît, l'âge légal du mariage pour les femmes a été relevé à 18 ans afin d'éviter les mariages forcés.5. Un(e) adolescente(e) mineur(e) a besoin de l'accord de ses parents pour se faire un tatouage ou un piercing érotique C'est vrai : l'accord des parents est légalement indispensable pour se faire tatouer ou se faire faire un piercing. Le tatoueur ou le pierceur doivent avertir les adolescents car il s'agit d'un vrai contrat moral. 6. Un médecin et sa patiente peuvent nouer une relation amoureuse C'est absolument interdit par l'Ordre des médecins, même si la relation thérapeutique fut brève et de courte durée. Le serment d'Hippocrate est très clair sur ce plan : « Je me préserverai de la séduction des filles et des garçons, libres ou esclaves. » L'Ordre des médecins a officiellement publié cet interdit dans un rapport « pratique médicale et sexualité » paru en décembre 2000.Les transgressions heureuses existent pourtant et de nombreux médecins ont aimé, voire épousé une ex-patiente : mieux vaut alors que l'histoire se termine bien...L'aspect psychologique de toutes ces questions est absolument passionnant et Paul Bensussan nous apporte des éclairages essentiels. Le ton, d'une légèreté apparente, rend la lecture agréable voire ludique, mais n'enlève rien à la solidité de l'argumentation. Il en ressort que notre société est en plein mouvement, mais dans les deux sens, tant de la liberté que de la répressionEt pour conclure, cette belle phrase de Jean Rostand mise en exergue par les auteurs : « Ne regardez pas l'honnête homme de trop près, si vous tenez à lui conserver votre estime ; ni le scélérat, si vous tenez à lui conserver votre mépris. »

A lire

"Le nouveau code de la sexualité", Jacques Barillon et Paul Bensussan, Odile Jacob, 2007.Jacques Barillon est avocat.Paul Bensussan est psychiatre et expert national auprès des tribunaux.

Publié le 12 Mars 2007 | Mis à jour le 12 Avril 2007
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : "Le nouveau code de la sexualité", Jacques Barillon et Paul Benssussan, Odile Jacob, 2007.