La mort subite : et si on pouvait la prévoir ?

Par définition, la mort subite arrive par surprise. Pourtant, des cardiologues allemands suggèrent que cet évènement est le plus souvent précédé de symptômes annonciateurs typiques de l'angine de poitrine (angor) et facilement repérables. Dans ces conditions, la prévention pourrait largement s'améliorer.
PUB

Peut-on prévoir la mort subite ?

La mort subite se caractérise par un arrêt cardio-respiratoire intempestif. Mais si on connaissait davantage le contexte de survenue de ces accidents et si on pouvait repérer certains signes prémonitoires, la prévention de ce type d'évènement pourrait être améliorée et les gestes d'urgences plus appropriés.

Des cardiologues allemands ont interrogé les services d'urgences et identifié un total de 406 morts subites. Les conditions de survenues ont été enregistrées :

PUB
PUB

  • 72% des accidents ont eu lieu au domicile,

  • 67% en présence d'un témoin oculaire, le plus souvent un proche,

  • dans 66% des cas, la victime présentait une maladie cardiaque connue.

Symptômes prémonitoires typiques de l'angine de poitrine (angor)

Les chercheurs ont également questionné les urgentistes et les témoins à la recherche de symptômes prémonitoires. Et effectivement, des symptômes ont précédé l'accident dans 80% des cas.

Les témoins oculaires décrivent les signes d'un angor (angine de poitrine) d'une durée de deux heures dans un quart des cas et d'une durée de moins de 60 minutes dans un tiers des cas.

Les symptômes typiques d'un angor sont les suivants : pression, brûlures ou douleurs angoissantes de type constriction survenant dans la poitrine et pouvant irradier vers le cou, la mâchoire inférieure ou le bras.

En conclusion, la mort subite survient dans la majorité des cas au domicile, en présence d'un proche et chez des personnes présentant une maladie cardiaque connue.

L'imminence de l'accident s'annonce une à deux heures avant par des symptômes typiques d'un angor, ce qui laisse le temps au témoin d'alerter les services d'urgences.

Il convient donc de préparer les proches des personnes à haut risque afin qu'ils ne se retrouvent pas démunis lors de l'évènement. Ainsi, en plus de les informer, il est nécessaire de leur apprendre les gestes d'urgences.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Octobre 2006 : 02h00
Source : Müller D. et coll., Circulation, 114 : 1146-50, 2006.