Morsure de chien et chat : réagir vite !

Publié le 23 Janvier 2006 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
En France, les morsures sont fréquentes et concernent 60% des foyers hébergeant un animal domestique. Les lésions peuvent être gravissimes et sources de complications, notamment en raison de la virulence potentielle des germes inoculés. En règle générale, il faut agir vite, et même si la blessure semble peu importante, comme c'est souvent le cas avec les morsures de chats...
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Plus de 500.000 victimes de morsures ou blessures chaque année

Chaque année, on estime que 500.000 Français sont victimes de morsures et de blessures infligées par un animal domestique, et sont adressés dans des structures hospitalières. Même si ce chiffre semble très élevé, il est probablement bien en-dessous de la réalité, car nombre de patients ne consultent pas et soignent eux-mêmes leurs lésions. Malheureusement, entre 40 et 50% des blessures s'infectent et risquent d'entraîner des lésions irréversibles, parfois sources d'invalidité. C'est pourquoi il est recommandé de consulter en urgence !Les blessures les plus courantes concernent la main et les membres supérieurs. Le plus souvent, la blessure a été causée par un chien, ensuite par des chats, et plus rarement par des animaux de compagnie dits exotiques (rat, hamster, renard, singe, tarentule, etc.). Ces derniers sont responsables de 5 à 7% des cas, dont les conséquences dépendent bien entendu du type d'animal.Notons également que les principales victimes sont les enfants et les adultes jeunes, qui totalisent près de 75% des blessures et morsures.

Les morsures infligées par les chiens

Les morsures au niveau du bras représentent 70% des cas. Elles sont d'emblée d'une extrême gravité (plaie vaste et déchiquetée). Dans ces conditions, les patients consultent en urgence et sont orientés vers des centres chirurgicaux. L'objectif est de limiter les complications, notamment infectieuses (les germes sont très variés), et les séquelles.

Attention aux chats : blessures très sournoises !

Moins fréquentes, entre 5 et 30% des cas, elles sont cependant bien plus sournoises. Les dents fines et pointues provoquent des lésions punctiformes, qui semblent peu importantes mais qui sont très profondes en réalité. C'est ainsi que les patients s'inquiètent peu, alors qu'il existe un risque important d'inoculation en profondeur de germes. On estime que 30 à 40% des plaies s'infectent. Le risque de séquelles est majeur (arthrite, raideur…), d'autant plus que la majorité des victimes consultent trop tardivement, lorsque le stade infectieux est déjà très avancé.

Réagir vite, en moins de six heures

Face à toute morsure et blessure, il faut réagir vite et consulter dans les six heures suivant l'accident. Une prise en charge médicale et thérapeutique rapide permet de limiter les risques d'infection et les conséquences traumatiques. A noter que les protocoles comprennent également des prélèvements bactériologiques afin d'envisager une éventuelle antibiothérapie, comme par exemple en prévention du germe Pasteurella multocida en cas de morsure par un chat.

Rage et tuberculose

La prévention de la rage est systématique et essentielle en cas de morsure par un animal. On recherche donc la couverture vaccinale de l'animal. En cas de doute ou si l'animal n'a pas été retrouvé, le patient reçoit un traitement vaccinal complet. De la même façon, la vaccination antitétanique est obligatoire en cas de doute ou en l'absence d'immunisation.

Source : Congrès de la Société française de chirurgie de la main, Reims, janvier 2006.