Morsure de serpent : faire et ne pas faire

Publié le 27 Août 2001 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Les morsures de serpent sont fréquentes. A titre d'exemple, les vipères font 1.000 victimes par an en France. Souvent moins dangereuses qu'on ne le croit, il faut néanmoins prendre chaque cas très au sérieux. Sur le lieu même de la morsure, il est nécessaire de rassurer la personne afin de calmer son anxiété, de la placer en position allongée, au repos complet, puis de prévenir un service médical d'urgence afin de l'évacuer le plus rapidement possible vers l'hôpital le plus proche.

En attendant les secours

Nettoyez et désinfectez la plaie à l'aide d'un antiseptique (eau oxygénée, Bétadine, Dakin). N'employez jamais d'alcool ou d'éther: non seulement inefficaces sur la majorité des bactéries présentes dans la gueule des serpents, ces produits favorisent la diffusion du venin.

Otez tous les garrots potentiels, tels que les bagues et les bracelets, pour ne pas gêner la vascularisation si l'œdème venait à s'étendre.

Ajustez sans serrer un bandage en crêpe, pour ainsi bloquer la circulation lymphatique utilisée par le venin pour se répandre, sans pour autant compresser la circulation sanguine.

Si besoin, placez une attelle afin d'immobiliser le membre et soulager quelque peu la douleur.

Si possible, appliquez de la glace enveloppée dans un linge. L'effet antalgique est immédiat et l'œdème est ainsi prévenu.

Réunissez le maximum de renseignements concernant les circonstances de la morsure, l'aspect du venin, l'évolution de la plaie… pour les relater à l'équipe médicale de secours dès son arrivée.

A ne pas faire !

  • Inciser la plaie, au risque d'augmenter la surface de contact entre le venin et les tissus, de favoriser le risque de nécrose et de surinfection.
  • Sucer la plaie est inutile car le venin est localisé dans l'hypoderme et cet acte est dangereux pour le sauveteur s'il présente des lésions buccales.
  • Donner une boisson connue pour augmenter le rythme cardiaque: alcool, café, thé, excitant…
  • Placer un garrot bloquant la circulation sanguine à l'origine de nécroses vasculaires catastrophiques.
  • Injecter une sérothérapie hors d'un service hospitalier en raison du risque d'allergie.

Contrairement aux idées reçues :

Les systèmes de pompe aspirante type Aspivenin ne sont pas capables d'aspirer le venin assez profondément;

La corticothérapie n'a pas prouvé son efficacité;

L'héparinothérapie locale est douloureuse et sans action sur le venin.

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