Miel, gelée royale, pollen, propolis : bons pour la santé ?

Les abeilles nous fournissent non seulement du miel mais aussi d’autres produits : gelée royale, pollen, propolis. Tous ont la réputation d’être sains, naturels et bons pour notre santé. Certes, mais nous ne sommes pas des abeilles.Qu’en est-il exactement ?  
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Miel : produit sucrant magique

Le miel fut la première forme de sucre connue par les hommes quand ils ne savaient pas encore extraire ce dernier de la canne à sucre, encore moins de la betterave. Nos ancêtres de la préhistoire le récoltaient en enfumant les essaims d’abeilles - des peintures rupestres le prouvent. Puis ils ont appris à les domestiquer et à confectionner des ruches. Les premiers apiculteurs ont exercé en Égypte 4500 ans avant notre ère.

Le miel a toujours été considéré comme un produit magique dont les Dieux se nourrissaient. Il garde encore de nos jours cette aura alors que le sucre est considéré comme néfaste.

Et pourtant, il contient en moyenne 80 % de sucres (saccharose, fructose et glucose). Le reste, c’est de l’eau (18 %) et des petites quantités de sels minéraux et de vitamines.

Le pouvoir sucrant du miel est supérieur à celui du sucre, c’est son principal atout nutritionnel.

Les sels minéraux et les vitamines s’y trouvent en bien trop petites quantités pour qu’on puisse leur accorder un quelconque intérêt au regard des quantités que l’on consomme.

Miel : choisir le bon ?

La France produit peu de miel, la majorité de ceux vendus, surtout dans les grandes surfaces, provient des pays de l’Est et de Chine, même s’ils sont frauduleusement étiquetés « Origine France » : ils ont été conditionnés mais pas produits en France et il s’agit souvent de différents miels qui ont été chauffés pour être mélangés et qui contiennent des pesticides. C’est le cas des miels « toutes fleurs » qui sont aussi les moins chers. Un bon miel français coûte entre 20 et 30 € le kilo. Le prix varie selon le lieu d’achat : directement chez un apiculteur (ou sur son stand dans un marché) ou dans une boutique qui prend une marge. Il porte alors la mention « récolté et mis en pot par xxx » soit le nom de l’apiculteur et son adresse.

Miel « de lavande », « d’acacia », de « châtaigner », de « thym » ?

Le nom signifie que les ruches de l’apiculteur se trouvent sur un territoire bien fourni en fleurs de ces plantes : elles ont été le principal objet de butinage des abeilles. Leurs saveurs sont alors différentes. Il y a aussi des miels régionaux (Alsace, Provence, etc.) Ils sont garantis par une IGP (Indication géographique protégée). Celui de Corse et celui de Sapin des Vosges ont une AOP (Appellation d’origine protégée) de même que plusieurs miels de différents pays de l’Europe du sud. C’est une garantie de leur qualité. La grande majorité de tous ces miels sont bios et ne contiennent pas, en principe, de pesticides.

Miel : alicament ?

Dans l’Antiquité, le miel était aussi un médicament et un produit de beauté. Ceci a perduré jusqu’à nos jours. Il a une activité antibactérienne grâce à une protéine particulière, la défensine-1, récemment identifiée. Au Moyen-Âge, on soignait empiriquement les plaies en y appliquant du miel, cette méthode est toujours pratiquée avec succès dans certains hôpitaux. Une cuillerée de miel adoucit aussi les maux de gorge. De là à considérer le miel comme un antibiotique, il y a un pas que certains franchissent allègrement mais qu’aucune étude scientifique sérieuse n’a confirmé. Il en va de même pour d’hypothétiques propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. Mais, tout comme le sucre, le miel a un effet tranquillisant, que certains constatent en absorbant le vieux remède de grand-mère : un bol de lait tiède additionné d’une cuillerée de miel peut faciliter l’endormissement.

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