Maladie du foie gras : certaines bactéries intestinales la favoriseraient

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Les bactéries qui vivent dans notre tube digestif seraient liées à la maladie du foie gras. Dans certaines conditions, elles pourraient favoriser sa survenue, d'après une étude française.

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C'est le mal du siècle, et un nouveau coupable vient d'être identifié. La "maladie du foie gras" – aussi connue comme la NASH (stéatose hépatique non alcoolique) – se développe en partie grâce aux bactéries qui peuplent nos intestins.

Plus précisément, l'accumulation excessive de graisses dans le foie, sous forme de triglycérides, est partiellement favorisée par l'activité de ces organismes. C'est ce que révèle une étude européenne, signée notamment par des scientifiques de l'Inserm.

Publiés dans la revue Nature Medicine, ces travaux montrent que notre microbiote est plus fortement impliqué dans cette maladie chronique qu'on ne le pensait jusqu'ici.

Pour parvenir à ces conclusions, les équipes européennes ont suivi 800 hommes et femmes en situation d'obésité. Ces volontaires ont été séparé.e.s en deux groupes en fonction d'un critère simple : le diagnostic d'un NASH.

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Plusieurs stades de la maladie

Cette maladie est assez courante chez les personnes atteintes d'obésité ou de diabète, puisqu'on estime que 70 à 80 % de cette population en souffre. Mais la surcharge pondérale n'est pas le seul facteur à prendre en compte.

En analysant le microbiote intestinal et le foie d'une centaine de femmes obèses – à l'aide de divers prélèvements –, les scientifiques ont constaté un échange permanent entre ces deux zones.

La stéatose hépatique se définit par plusieurs stades, en fonction des lésions observées sur le foie. Lorsque moins de 5 % des cellules du foie sont abîmées, on parle de NAFLD. Lorsqu'on observe un plus grand nombre de lésions, mais aussi une inflammation, on parle de NASH.

Et l'évolution de la maladie semble se traduire par une modification du microbiote. Plus le stade progresse, plus la variété des bactéries détectée dans les échantillons recule. Cela suggère même avant l'apparition des premiers symptômes.

Un long travail à accomplir

Mais ce n'est pas tout. Les scientifiques ont aussi observé que l'acide phénylacétique – un composé spécifique du microbiote – se met à favoriser l'accumulation de graisses dans le foie, déjà stimulée par le surpoids ou le diabète.

Ces observations ont été confirmées chez l'animal. Des échantillons de microbiote humain, prélevé chez des personnes atteintes de NASH, ont été transplantés chez des souris en bonne santé. Celles-ci ont développé les mêmes caractéristiques que les femmes ayant participé à cette étude.

Ces résultats permettent de mieux comprendre l'évolution de la maladie. A terme, ils pourraient aussi mener au développement de stratégies thérapeutiques. Les scientifiques n'excluent pas de manipuler les bactéries qui composent le microbiote, pour empêcher les lésions hépatiques.

Mais une énorme masse de travail reste à accomplir : des milliards de bactéries peuplent de notre intestin et nous n'en connaissons qu'une infime partie. La NASH est, par ailleurs, une maladie assez récente dont nous appréhendons mal les mécanismes.

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