Mal de gorge : pastilles et sprays sont-ils utiles ? L’enquête de 60 Millions de consommateurs

Publié par Freya Yophy
le 22/10/2026
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Pastilles, sprays, antiseptiques… Les traitements pour la gorge promettent un soulagement rapide. Mais leur intérêt reste limité et certaines formules demandent des précautions. Voici comment calmer l’irritation sans multiplier inutilement les médicaments.

Soulager la douleur ne signifie pas guérir l’infection

Dès les premiers picotements, le réflexe consiste souvent à acheter des médicaments délivrés sans ordonnance. Pourtant, leur présence en pharmacie ne signifie pas qu’ils raccourcissent la maladie.

Selon l’Assurance maladie, 75 à 90 % des angines chez l’adulte sont d’origine virale, contre 60 à 75 % chez l’enfant. Ces infections ne nécessitent pas d’antibiotiques. La plupart des maux de gorge s’améliorent spontanément en quelques jours, parfois en une semaine.

Certaines pastilles médicamenteuses peuvent néanmoins atténuer temporairement la douleur. Les recommandations britanniques du NICE reconnaissent ce bénéfice, tout en précisant qu’il reste modeste. Pour les sprays anesthésiants utilisés seuls, les preuves d’efficacité sont insuffisantes.

Il faut donc distinguer deux objectifs : rendre la déglutition moins pénible et traiter la cause du problème. Une pastille ne permet ni d’identifier l’origine d’un mal de gorge, ni de remplacer un traitement spécifique lorsqu’il est nécessaire.

Anesthésiques locaux : attention à la déglutition

Toutes les références ne contiennent pas les mêmes substances. Certaines associent un antiseptique et un anesthésique local, comme la lidocaïne ou la tétracaïne. Il est donc préférable de lire la composition plutôt que de choisir uniquement une marque.

En diminuant la sensibilité de la gorge, ces anesthésiques peuvent favoriser une fausse route, c’est-à-dire le passage d’un aliment ou d’un liquide vers les voies respiratoires. La notice de Colludol demande notamment de ne pas utiliser ce médicament avant les repas ou avant de boire.

Respectez les consignes propres à chaque produit et demandez conseil au pharmacien, particulièrement pour un enfant, une personne âgée ou quelqu’un présentant des difficultés à avaler.

Les antiseptiques ne sont pas non plus dénués de risques : la chlorhexidine peut notamment provoquer, rarement, une réaction allergique grave. Multiplier les produits ne garantit pas un meilleur soulagement.

Des gestes simples pour apaiser une gorge irritée

Boire régulièrement, par petites gorgées, aide à maintenir une bonne hydratation. Privilégiez les boissons tièdes ou fraîches selon votre confort, ainsi que les aliments faciles à avaler. Évitez les boissons brûlantes et la fumée du tabac.

Chez une personne capable de sucer sans risque d’étouffement, une confiserie ou une pastille non médicamenteuse peut stimuler la salivation et apporter du confort. Ce geste ne traite toutefois pas l’infection. Les bonbons durs sont à éviter chez les jeunes enfants.

Une boisson tiède contenant un peu de miel peut également faire partie des mesures destinées à apaiser l’irritation. Mais « naturel » ne signifie pas adapté à tous : aucun miel avant l’âge d’un an, en raison du risque de botulisme infantile.

Paracétamol : soulager sans dépasser les doses

Lorsque la douleur le justifie, le paracétamol peut être utilisé en l’absence de contre-indication. Il soulage les symptômes, mais ne soigne pas l’infection elle-même.

Chez l’adulte pesant au moins 50 kg, commencez par la plus petite dose efficace, généralement 500 mg. Ne dépassez pas 1 g par prise ni 3 g par jour sans avis médical, et respectez l’intervalle indiqué sur la notice, généralement quatre à six heures.

Vérifiez que les autres médicaments pris simultanément n’en contiennent pas : un surdosage de paracétamol peut gravement endommager le foie. Évitez l’alcool et demandez conseil en cas de maladie du foie ou des reins, ou de poids inférieur à 50 kg.

Quand faut-il consulter ?

L’Assurance maladie conseille de consulter si le mal de gorge ne régresse pas après cinq jours chez l’adulte ou deux jours chez l’enfant, et plus tôt en cas d’aggravation. Une température supérieure à 39 °C ou une immunodépression justifie un avis médical dans la journée.

Appelez le 15 ou le 112 en cas de difficulté à respirer, d’impossibilité d’avaler ou de signes importants de déshydratation.

En cas de suspicion d’angine, le pharmacien peut aussi proposer un test rapide, sous certaines conditions, chez l’adulte et l’enfant à partir de 10 ans. Il permet de déterminer si une prise en charge antibiotique est indiquée.

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