Les femmes enceintes prennent trop de médicaments

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La revue Prescrire du mois de septembre met en garde les femmes enceintes sur le nombre de médicaments auxquels elles s’exposent. Ils auraient un impact direct sur leur enfant à naître.

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A la Une de la revue Prescrire en septembre, les risques encourus par l’enfant dont la future mère prend trop de médicaments. Citant les résultats d'une étude antérieure, la revue médicale rappelle que plus la prise de traitements médicamenteux est fréquente, plus l’enfant à naître y est exposé et plus grand est le risque d'effets indésirables sur le long terme sur son développement. La prise de médicaments devrait ainsi être minimisée.

15 000 femmes enceintes seraient exposées

En France, entre 2011 et 2014, une étude a été menée à partir des données de l’Assurance maladie montrant que près de 15 000 femmes enceintes seraient exposées à 9 médicaments ou plus : antalgiques (paracétamol, etc.), antispasmodique (phloroglucinol), fer, antibiotiques… Autant de traitements qui pourraient être potentiellement risqués pour l’enfant. "Environ 1 900 femmes enceintes ont été exposées par an en France à l'isotrétinoïne (ex-Roaccutane®), environ 3 900 femmes enceintes en France à des médicaments antiépileptiques ; environ 41 000 femmes enceintes exposées par an en France à un anti-inflammatoire non-stéroïdien au 1er trimestre de la grossesse (ex : Advil®), 9 500 au 2e trimestre, 3 100 au 3e trimestre ; environ 2 400 femmes enceintes ont été exposées par an en France tous trimestres confondus à un inhibiteur de l'enzyme de conversion ou à un sartan" cite Prescrire.

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"Il ne faut pas banaliser l’usage des médicaments"

Dans des cas de pathologies chroniques nécessitant la prise de médicaments, il est important de bien se préparer à la future grossesse. Pour cela, la revue conseille de connaître les effets néfastes et troubles liés aux médicaments afin de pouvoir adapter un traitement qui affectera a minima la mère et son enfant. Selon Prescrire, pour éviter parfois d’interrompre une grossesse, il est impératif de ne pas "banaliser l’usage des médicaments et d'envisager en priorité des prises en charge non médicamenteuses et peu dangereuses". 

Comment les médicaments influent selon le stade de la grossesse

Du premier au troisième mois, l'œuf s'implante dans l'utérus. Les effets des médicaments suivent la loi du "tout ou rien", c'est-à-dire que la nidation est empêchée ou alors l'embryon est décroché. Il s'ensuit un avortement précoce avec un risque d'hémorragie.

Du quatrième au sixième mois, les différents organes se mettent en place. Les médicaments peuvent alors avoir un effet néfaste et provoquer des malformations.

Du septième mois à l'accouchement, le risque est tout autre. Certains médicaments pris par la mère peuvent passer dans le sang du bébé. Ils sont ensuite épurés et éliminés en repassant dans le sang maternel. Si le bébé naît avant ce phénomène d'élimination, il sera encore porteur de la substance médicamenteuse, sauf qu'il n'a pas encore les moyens physiologiques de l'éliminer. Par exemple, des calmants pris juste avant l'accouchement, pourront avoir un effet sur la respiration du bébé qui sera peut-être obligé de faire un passage en service de réanimation.

Publié par Claire Ménage, journaliste santé le Jeudi 13 Septembre 2018 : 14h39
Source : Femmes enceintes : trop exposées aux médicaments, Prescrire, 1er septembre 2018.
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