Le quinoa fait-il vraiment maigrir ? Ce que révèle une diététicienne sur ce faux brûle-graisses
Remplacer le riz ou les pâtes par du quinoa suffit-il à perdre du poids ? Interrogée par Doctissimo, la diététicienne-nutritionniste Pauline Pied rappelle que cet aliment n’a rien d’une solution miracle.
Originaire des Andes, le quinoa est une pseudo-céréale : il se cuisine comme une céréale, sans appartenir à la famille des graminées. Il peut contribuer à une alimentation équilibrée, mais ne possède pas de pouvoir amincissant autonome.
Un aliment nutritif, pas un brûleur de graisses
Aucun mécanisme démontré ne permet au quinoa de cibler la graisse abdominale ou de faire disparaître les kilos superflus. Le terme « super-aliment » relève davantage du vocabulaire commercial que d’une catégorie nutritionnelle précise.
La perte de masse grasse implique, dans la durée, un apport énergétique inférieur aux dépenses. Cela ne signifie pas que le poids se résume à une question de volonté ou à un simple comptage des calories. L’appétit, les habitudes, l’environnement, certains traitements et l’état de santé influencent cet équilibre.
Ajouter du quinoa à ses repas n’entraîne donc pas automatiquement un amaigrissement. En revanche, il peut offrir une alternative intéressante pour varier les féculents et composer des repas satisfaisants.
Des fibres et des protéines qui participent à la satiété
Le quinoa apporte des fibres et des protéines végétales. Selon les données présentées par Harvard, une tasse de quinoa cuit fournit environ 8 grammes de protéines et 5 grammes de fibres.
Les fibres contribuent à prolonger la sensation de satiété. Elles peuvent ainsi aider à ne pas ressentir rapidement la faim après un repas, sans garantir pour autant l’absence de grignotage ou une diminution du poids.
Le quinoa fournit également les neuf acides aminés indispensables. Mais la qualité de ses protéines ne doit pas faire oublier leur quantité : une portion ne couvre pas, à elle seule, tous les besoins de la journée.
Pour préserver sa masse musculaire, l’ensemble des apports alimentaires et l’activité physique comptent davantage que le choix d’un seul féculent.
Glycémie : regarder le repas dans son ensemble
Le quinoa peut constituer une alternative aux céréales raffinées. Toutefois, lui attribuer un index glycémique unique, valable dans toutes les conditions, serait réducteur : la préparation et les caractéristiques du produit influencent la réponse glycémique.
La quantité consommée et les autres aliments présents dans l’assiette comptent également. Une portion accompagnée de légumes et d’une source de protéines ne produit pas nécessairement la même réponse qu’une grande quantité mangée seule.
Une hausse de l’insuline après un repas est une réponse physiologique normale, pas la preuve que l’aliment fait grossir. Il est donc inutile de choisir ses féculents uniquement dans l’espoir d’éviter toute variation de glycémie.
Une portion adaptée plutôt qu’une consommation à volonté
Le quinoa reste un féculent qui apporte de l’énergie. Sa réputation nutritionnelle ne le rend pas « sans calories », mais ne justifie pas non plus de le limiter excessivement.
Adaptez la quantité à votre faim, à votre activité et au reste du repas. Une salade composée peut, par exemple, associer quinoa, légumes, pois chiches, œuf ou tofu, avec un assaisonnement selon vos goûts.
Attention aussi aux comparaisons sur les emballages : 100 grammes de quinoa sec et 100 grammes de quinoa cuit ne sont pas équivalents. La cuisson augmente son poids par absorption d’eau. Vérifiez toujours à quel état correspondent les valeurs nutritionnelles.
Enfin, le quinoa n’est pas indispensable. Riz complet, boulgour, pâtes complètes et légumes secs permettent eux aussi de varier les repas selon les préférences et le budget.
Faut-il toujours rincer le quinoa ?
Les graines peuvent conserver des saponines à leur surface, responsables d’une saveur amère. Le quinoa vendu dans le commerce est souvent déjà traité ou prélavé pour en réduire la teneur.
Suivez les indications du paquet. Lorsqu’un rinçage est recommandé, utilisez une passoire fine sous l’eau froide avant la cuisson. Ce geste sert surtout à améliorer le goût ; il ne faut pas présenter chaque portion non rincée comme un danger intestinal.
Si vous consommez habituellement peu de fibres, augmentez progressivement leur place dans votre alimentation. En cas de syndrome de l’intestin irritable, adaptez les portions à votre tolérance plutôt que d’exclure systématiquement le quinoa.
Le meilleur choix reste finalement celui que vous appréciez, digérez bien et pouvez intégrer durablement à des repas variés.
Sources
- Propos de Pauline Pied : Doctissimo — Le quinoa fait-il vraiment maigrir ?.
- Fibres et satiété : Santé publique France, Manger Bouger — Aller vers les féculents complets.
- Composition des repas : Harvard — Healthy Eating Plate.
- Caractéristiques nutritionnelles du quinoa : FAO — Foire aux questions sur le quinoa.