Hypertension artérielle : quand faut-il traiter ?

Publié le 09 Octobre 2002 à 2h00 par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue
L'hypertension artérielle est un facteur de risque redouté, responsable de beaucoup de maladies cardiovasculaires. Pourtant, l'interprétation de sa mesure doit évoluer avec l'âge : ce qui est juste à l'aune de la cinquantaine ne l'est plus tout à fait une ou deux décennies plus tard.
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Quels sont les chiffres normaux de la pression artérielle ?

De façon schématique :

  • la Pression Artérielle Systolique (PAS), ne doit pas être supérieure à 140 mmHg,
  • la Pression Artérielle Diastolique (PAD), ne doit pas excéder 90 mmHg.

Quels sont les risques de l'hypertension artérielle ?

On ne compte plus les maladies graves provoquées par l'hypertension artérielle :

  • accidents vasculaires cérébraux,
  • accidents cardiaques (infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque),
  • atteintes artérielles diffuses,
  • etc.

L’âge, premier facteur de risque

Le vieillissement normal des vaisseaux

Les premiers signes microscopiques du vieillissement artériel apparaissent dès l'âge de 20 ans avec « l'artériosclérose physiologique ». Elle se définit par la modification de l'organisation structurale des différents composants de la paroi artérielle : les artères durcissent avec le temps.

Certains facteurs peuvent influencer directement le vieillissement, comme les facteurs génétiques ou l'hypertension artérielle. Ainsi, une hypertension artérielle permanente amplifie et accélère les altérations artérielles dues à l'âge.

Mesure de la pression artérielle et âge

Chez la plupart des gens âgés, l'hypertension systolique isolée est diagnostiquée par une PAS supérieure à 160 mmHg, associée à une PAD égale ou inférieure à 90 mmHg. L'importance de l'hypertension artérielle ne change pas en vieillissant, mais c'est la façon d'en interpréter les mesures qui évolue.

Ainsi, chez le sujet jeune, la PAD représente le meilleur marqueur de risque vasculaire : plus la PAD augmente, plus les risques sont importants.

En revanche, c'est le contraire chez le senior : la PAD a tendance à diminuer avec le vieillissement et cette baisse est fortement liée au risque cardiovasculaire. En effet, une PAD normale, voire basse, est souvent le reflet d'une rigidité artérielle.

Quand et comment traiter l’hypertension ?

La prévention de l'hypertension est basée sur la surveillance des chiffres tensionnels.

Meilleures sont les mesures, meilleure est la circulation, ce qui explique la tendance à traiter très tôt les sujets à risque de maladie cérébrovasculaire.

Le traitement de l'hypertension.

La décision de traiter une hypertension dépend bien sûr des chiffres tensionnels, mais également du nombre des autres facteurs de risque cardiovasculaire (âge, antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire à un âge précoce, tabagisme, diabète, taux de cholestérol, consommation excessive d’alcool, sédentarité, obésité abdominale…).

Dans tous les cas, le traitement de première intention repose sur des mesures hygiéno-diététiques : réduction de la consommation de sel, d’aliments riches en graisses saturées, de l’alcool, arrêt du tabagisme, perte de poids, activité physique régulière, etc.

Si ces mesures ne sont pas suffisantes pour faire baisser les chiffres tensionnels, elles sont complétées par un traitement médicamenteux à choisir parmi les différentes classes d’hypotenseurs (diurétiques, bêtabloquants, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes calciques), en monothérapie, puis si nécessaire en association.

L'hypertension de la personne âgée est plutôt difficile à traiter.

Les chiffres sont volontiers variables avec des risques non négligeables d'hypotension. Néanmoins, il ne faut pas pour autant se laisser abuser par des mesures faussement rassurantes. Restez vigilant et débutez une prise en charge si nécessaire.

L’automesure tensionnelle.

Ensuite, l'idéal est de pratiquer l'automesure, c'est-à-dire de mesurer régulièrement soi-même, chez soi, sa pression artérielle (selon la règle des 3 : 3 fois le matin, 3 fois le soir, 3 jours consécutifs) en complément des mesures réalisées au cabinet du médecin.

A noter que l’automesure, très utile pour évaluer l’efficacité de la prise en charge, est aussi requise pour le diagnostic de l’hypertension.

Source : Benetos A. et coll., Inserm U 258, Hôpital Broussais, Paris, SERDI Edition. L'Année Gérontologique, 2002, 16 : 31-33.