Docteur : ma tension est-elle bonne ?

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 28 Août 2000 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 01 Mars 2006 : 01h00
Les Français ont pris l'habitude de faire mesurer leurs chiffres de tension artérielle très régulièrement. Pourtant seuls 50% des personnes souffrant d'hypertension sont dépistés et éventuellement traités. Inversement 15 à 30% d'entre eux sont probablement traités pour rien. Et si l'on refaisait le point ?
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7 millions de Français sont ainsi hypertendus ce qui est à la fois beaucoup et normal dans une population dont la durée de vie augmente constamment. Mais au fait qu'est-ce que l'hypertension artérielle ?

Bien comprendre la notion de tension artérielle

Depuis William Harvey, on sait que le sang part du cœur par les artères et y revient par les veines. Il s'agit concrètement d'une tuyauterie en circuit et comme dans tout tuyau il doit y régner une certaine pression. La pression initiale est la pression artérielle. Elle va permettre de pousser le sang dans toutes les différentes parties de l'organisme. Ceci explique pourquoi, quand la tension artérielle est trop basse nous nous sentons si faible.

Cette pression artérielle dépend de deux facteurs :- la force de la pompe cardiaque,- la résistance des vaisseaux sanguins.

Le cœur est une pompe qui bat de façon rythmique. A chaque fois que le sang est éjecté des ventricules, la tension devient maximale. On parle de pression artérielle systolique ou de maxima car elle est liée à la systole, c'est-à-dire à la contraction des ventricules.

Au moment de la diastole, quand le cœur se remplit de sang pour préparer le prochain battement des ventricules, la pression devient minimale : on parle de pression diastolique ou de minima.

En pratique, quand le médecin vous place le brassard autour du bras et qu'il le gonfle, il se produit un phénomène de garrot : le sang ne passe plus et le médecin n'entend rien avec le stéthoscope qu'il a placé en aval, sur le pli de votre coude, en regard de l'artère radiale. Petit à petit il dégonfle le brassard jusqu'à entendre les premiers bruits en provenance du cœur. Cela signifie que la pression du sang est suffisante pour forcer le barrage du brassard et cela correspond à la pression maximale. Puis le médecin continue à dégonfler le brassard et à entendre les battements du cœur : le sang s'écoule normalement. Descendu à une certaine pression, le brassard ne s'oppose plus à la circulation sanguine et la pression artérielle s'équilibre avec celle des vaisseaux (ou des tuyaux pour garder l'image en tête) : le médecin n'entend presque plus rien avec son stéthoscope et il s'agit de la pression artérielle minimale, celle en dessous de laquelle aucune circulation n'est possible car elle est inférieure à la résistance des vaisseaux. Elle n'est donc plus capable de faire progresser le sang.

Les deux chiffres tensionnels s'expriment en millimètres de mercure (mmHg) car les tensiomètres mesurent la hauteur à laquelle la tension artérielle est capable de faire monter une colonne de mercure. En ce sens il s'agit de même principe de mesure de pression que celle mise au point pour les baromètres ! Les chiffres de tension artérielle doivent ainsi être inférieurs à 160 mmHg pour la maxima et à 90 mmHg pour la minima.

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Comment prendre une bonne mesure ?

En pratique, la tension artérielle et naturellement fonction de notre activité physique. Elle peut monter ainsi très haut lors de la pratique d'un sport violent. Il faut donc la mesurer en position allongée, après au moins deux minutes de repos, à distance d'un effort. Mais les émotions peuvent aussi faire monter notre tension ! Il en est ainsi du fameux "effet blouse blanche" qui fait monter la tension de certaines personnes. C'est probablement pour cette raison que 15 à 30% des gens sont traités inutilement.

Conscients de ce problème, des autorités médicales internationales comme l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ont cherché à redéfinir la façon de pratiquer, dans de bonnes conditions, la mesure de la pression artérielle. Il a été ainsi déterminé qu'il fallait toujours pratiquer deux mesures (voire 3) à quelques minutes d'intervalles, après une période de repos suffisante. L'usage des procédures d'automesure a été favorisé car elles ont l'avantage de gommer l'effet blouse blanche. Dans certain cas cette automesure peut même se pratiquer directement au cabinet du médecin.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 28 Août 2000 : 02h00
Mis à jour le Mercredi 01 Mars 2006 : 01h00
Source : Les recommandations du JNC VI
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