Don d'organes : exprimez votre position, maintenant !

L'information sur le don d'organes a beaucoup progressé, mais transmettre sa position à ses proches reste trop rare : 74% des personnes interrogées en 2004 se sont déclarées favorables au don de leurs propres organes, seules 39% l'ont dit à leurs proches. Faire connaître son choix quant au don de ses organes est essentiel.
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Parmi les personnes ayant pris position en faveur ou non du don d'organes, 61% n'ont pas fait connaître leur choix à leurs proches. Cette étape est pourtant déterminante dans la chaîne du don. Lorsqu'un don est envisagé et que les familles doivent témoigner de la volonté du défunt, l'épreuve est beaucoup moins douloureuse si elles connaissent déjà sa décision.

Un thème difficile et délicat à aborder en famille

Cette année, à l'occasion de la 5e Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe (le 22 juin 2005), l'Agence de la biomédecine (qui a repris les missions de l'Etablissement français des greffes) a fait appel à un expert, le Dr Daniel Marcelli, spécialiste de la famille et professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au Centre hospitalier Henri Laborit de Poitiers. Il délivre des conseils pratiques pour aider chacun à s'exprimer sur sa position auprès de ses proches. 1) Le meilleur contexteRattacher le sujet du don d'organes au contexte familial et à l'expérience vécue : maladie ou décès d'un proche, expérience d'une maladie chronique (diabète, insuffisance rénale), hospitalisation d'un ami, d'un voisin, d'un élève de l'école, etc.S'appuyer sur l'actualité : radio, télé, campagne de sensibilisation.Ne pas imposer cette discussion, mais la laisser s'engager de façon spontanée et laisser l'émotion s'exprimer.2) Le meilleur momentA chacun de choisir son « moment » pour en parler : certains ont besoin de temps pour se préparer à ce sujet, d'autres inversement, réagiront très spontanément avec empathie et émotion. 3) La meilleure personneIl n'y a pas de personne mieux désignée qu'une autre pour amener le sujet. Il n'y a pas de considération d'âge, de statut ou de « fonction » familiale et sociale. Le plus important est la spontanéité de la conversation, stimulée par un souvenir, une expérience ou une information.4) Les meilleurs motsPas d'images abstraites ou de termes techniques. Il faut employer des termes simples, de la vie de tous les jours, idéals pour faire passer les émotions.Se rappeler le message essentiel : avec le don d'organes, c'est la vie qui se transmet.Rassurer sur le devenir du corps : acte médical, corps traité avec respect et attention avant d'être restitué à la famille.5) Les meilleures réactionsMalaise, colère ou envie de changer de sujet, sont des réactions probablement rattachées à une angoisse de la mort. Sans vouloir être rassurant à tout prix, il faut prendre en compte cette angoisse, sans chercher à la nier.Quelle que soit la position d'un de vos proches, et même si vous êtes surpris ou choqué, il convient de la respecter, sans la juger.6) Les meilleurs résultatsMots simples, dans un climat de sérénité, lors d'un échange, qui peut être chargé d'émotion.

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La France connaît toujours une situation de pénurie

En 2004, plus de 11.500 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organes pour continuer à vivre ou à vivre mieux. Seules 3.948 ont pu être greffées et 260 sont décédées faute de greffon.

Le prélèvement d'organes n'est envisagé que dans de rares conditions : un décès en état de mort encéphalique au sein d'un service de réanimation. Cette situation représente à peine plus de 1% des décès hospitaliers enregistrés en court séjour. C'est donc un évènement rare, qui fait du greffon un bien très précieux. Les équipes médicales doivent alors recueillir le témoignage de la volonté du défunt auprès de ses proches. Faute de connaître la position du défunt, un tiers refuse le prélèvement.

Pour en savoir plus :www.agence-biomedecine.fr

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mardi 21 Juin 2005 : 02h00
Source : Dossier de presse de l'Agence de biomédecine, Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, juin 2005.