Un détecteur pour prévenir la crise d'épilepsie

Alors qu'il était jusqu'à présent impossible d'avertir un patient épileptique de la survenue imminente d'une crise, des chercheurs viennent de mettre au point un appareil capable de prédire son apparition quelques minutes à l'avance. Si la pertinence d'un tel système de détection se confirme à grande échelle, les implications pratiques seraient considérables chez nombre de malades épileptiques.
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L'épilepsie est une affection caractérisée par la répétition de décharges brutales et anormales de cellules nerveuses du cerveau. Aujourd'hui, la crise épileptique est imprévisible. Les répercussions sur la qualité de vie quotidienne du patient sont considérables. La survenue éventuelle d'une crise est incompatible avec par exemple la conduite d'un véhicule ou certaines activités professionnelles. De plus, elle peut provoquer des blessures ou des fractures, s'associant ainsi à une morbidité et une mortalité non négligeables.

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Un appareil de détection fiable

Pour la première fois, une équipe de chercheur a mis au point un appareil capable de détecter systématiquement, quelques minutes au préalable, la survenue d'une crise. Testé sur 26 patients, cette machine qui enregistre l'électroencéphalogramme (l'activité électrique du cerveau) grâce à des électrodes placées sur le scalpe, permet d'avertir l'apparition de la crise en moyenne sept minutes à l'avance. Reste à vérifier son efficacité sur une plus large population. S'il ne s'agit pour l'instant que d'un prototype plutôt encombrant, il pourrait très prochainement se transformer en un système portable miniaturisé.

Les implications pratiques cliniques d'une telle méthode sont considérables pour de nombreux patients épileptiques. D'un point de vu technique, le coût de l'appareillage est faible, il devrait pouvoir être adapté en temps réel sur un micro-ordinateur et facilement transformé en version portable, comme c'est actuellement le cas des défibrillateurs cardiaques.

 
Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 29 Janvier 2001 : 01h00
Source : The Lancet, 20 janvier 2001.