Des chercheurs découvrent le chef d’orchestre de notre flore intestinale

Publié le 22 Mai 2018 par Audrey Vaugrente, journaliste santé
Les bonnes bactéries qui peuplent nos intestins ont un dirigeant : l'anticorps IgA. Des chercheurs français ont montré que sans lui, nos défenses immunitaires sont bien moins efficaces…
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© Istock

Des centaines de milliards de bactérie peuplent nos intestins. La plupart sans nous rendre malades. Au contraire, certaines sont chargées de nous protéger contre les infections. Mais qui les dirige ?

Une équipe de l'Inserm croit avoir la réponse à cette interrogation. D'après ses résultats, publiés dans Science Translational Medicine, c'est un anticorps qui joue le rôle de chef d'orchestre.

Un impact sur le poids

L'anticorps en question se nomme IgA. Comme le montrent les recherches menées sur la souris, il occupe une place clé dans notre organisme. Tout d'abord, il empêche que nos différents microbiotes ne se "mélangent" : la flore buccale reste dans la bouche, la flore intestinale dans nos tubes digestifs.

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Mais ce n'est pas tout. L'anticorps IgA favorise aussi la présence des "bonnes" bactéries, celles qui défendent nos intestins contre les agressions extérieures ou intérieures. On sait, par exemple, qu'un déséquilibre  favorise la prise de poids et l'obésité. Il pourrait aussi être associé à certaines maladies auto-immunes.

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C'est la première fois que ce rôle d'organisateur est mis au jour. Pour cela, les scientifiques ont utilisé des modèles de souris n'exprimant pas l'anticorps IgA. Il n'est, en effet, pas possible de créer ces conditions chez un être humain.

Plusieurs personnes en manquent

Mais, naturellement, certaines personnes ont un déficit en anticorps IgA. Celui-ci est presque inexistant dans leur organisme. Ces travaux permettent de mieux comprendre comment ils parviennent à vivre sans infection mortelle.

En étudiant 21 personnes souffrant d'un tel déficit, l'équipe française a découvert un autre anticorps, IgM. En l'absence d'IgA, il est capable de prendre le relais. Mais de manière imparfaite. Résultat, les patient.e.s développent davantage d'infections respiratoires, de maladies auto-immunes ou atopiques.

Une découverte essentielle qui pourrait mener à la mise au point d'un traitement spécifique. L'objectif serait de rétablir l'équilibre dans la flore intestinale de ces personnes, par un apport oral en IgA par exemple.

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