Décès d’une patiente suite à une sleeve : 6 médecins interdits d’exercer

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Après le décès d'une femme suite à une chirurgie de l'obésité, six médecins de la clinique Saint-François à Mainvilliers (Eure-et-Loir) ont été interdits d'exercer.

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Six médecins ont été interdits d'exercer la médecine après avoir pratiqué une chirurgie de l'obésité. Leur patiente est décédée en 2016, près de Chartres. Mais le drame fait encore beaucoup de bruit aujourd'hui, à l'heure des sanctions.

Fanny Arnoult, la victime, a 25 ans et est maman de deux petits garçons de 1 et 3 ans. Le 20 juillet 2016, elle est admise pour une "sleeve gastrectomie", une chirurgie qui consiste à couper une partie de l'estomac pour le réduire et accélérer le processus de digestion. Une technique très pratiquée.

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Deux jours après l'opération, elle souffre de douleurs abdominales et à l'épaule. Prudente, elle se rend à l'hôpital où un médecin lui prescrit des antalgiques et la renvoie chez elle.

Les douleurs ne partant pas dans la nuit, elle retourne une nouvelle fois aux urgences le matin. Là, un autre médecin l'examine et lui diagnostique un pneumopéritoine ainsi qu'un épanchement modéré entre le rectum et l'utérus. Mais encore une fois, la jeune maman est renvoyée chez elle.

Six médecins l'ont opérée et suivie

La nuit d'après, rebelote pour Fanny qui doit retourner aux urgences où elle est réopérée, cette fois par son chirurgien, qui lui pose une prothèse oesophagienne. Elle ressort de la clinique avec des prescriptions de soins par une infirmière le 29 juillet.

Mais le 16 août, son état empire, l'obligeant encore une fois à retourner aux urgences de la clinique avant d'être transféré en réanimation. Elle décède le lendemain, 28 jours après le début de son calvaire.

Au total, ce sont six médecins qui l'ont opéré et suivie. Ils ont tous été sanctionnés par le conseil de l'Ordre des médecins à des interdictions d'exercer de un mois avec sursis à six mois dont trois avec sursis. Les médecins ont décidé de faire appel de cette décision et jusqu'à ce qu'une décision soit prise ils peuvent continuer d'exercer.

Les reproches qui leur sont faits sont "des manquements déontologiques" et d'avoir également "gravement sous-estimé les complications présentées par la patiente et ainsi lui faire perdre une chance d'échapper à l'aggravation fatale de son état".

Dans le même temps, le procureur de la République a saisi le juge d'instruction pour "blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner", mais l'enquête est encore en cours.

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