Comment évolue une allergie alimentaire ?

Les réactions allergiques d'origine alimentaire affectent 8% des jeunes enfants aux cours des premières années de leur vie. Ensuite, elles diminuent progressivement jusqu'au début de l'adolescence. Ainsi, seuls 2% des adultes restent concernés par l'allergie alimentaire. Toutefois, cette évolution est dynamique, elle varie selon l'allergène en cause et reste difficile à prédire précisément.
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Les aliments à l'origine de réactions allergiques ne sont pas très nombreux. Le lait de vache, l'oeuf de poule, l'arachide, le groupe des noix, le blé, le soja, le poisson et les coquillages sont les principaux responsables. Notons également que l'allergie alimentaire est une des premières manifestations des allergies telles que l'asthme et les rhino-conjonctivites, que développeront par la suite certains enfants. Toutefois, avec l'âge, une grande partie de ces allergies alimentaires tendent à disparaître. Ce processus est différent selon chaque allergène.

Ainsi, si la plupart des nourrissons allergiques au lait de vache présentent des symptômes au cours de leur première année, le plus souvent vers la fin du premier mois, environ 85% d'entre eux deviendront tolérants vers la troisième année. L'allergie à l'oeuf de poule apparaît généralement au cours de la deuxième année, et persiste davantage. Environ 66% des petits patients tolèrent l'oeuf vers l'âge de cinq ans.En revanche, la sensibilisation à l'arachide persiste en principe jusqu'à l'âge adulte. Mais selon des études récentes, 20% des enfants perdraient cette sensibilité à l'âge adulte.

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L'évolution naturelle de l'allergie alimentaire n'est donc pas statique. C'est une des raisons pour lesquelles il est indispensable de réévaluer fréquemment ces patients afin de déterminer l'état actuel de leur seuil de réactivité.

Aujourd'hui, des modèles de prédictions basés sur des estimations de probabilités (à partir d'un dosage de certains allergènes alimentaires dans le sérum - IgE) et permettant de déterminer les chances de développer une tolérance dans l'allergie au lait ou à l'oeuf, sont en cours de développement. Ils devraient aider au diagnostic et diminuer le nombre des tests de provocation. Et bien sûr, renseigner sur la nécessité d'une intervention thérapeutique.

Publié le 01 Décembre 2004
Auteurs : Dr Philippe Presles
Source : 23e congrès de l'European Academy of Allergology and Clinical Immunology (Eaaci), Amsterdam, octobre 2004, communication de Kirsten Beyer, hôpital de la Charité, Berlin, Allemagne.