Cancer : les 5 progrès qu’a fait la France en 2017

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Droit à l'oubli, dépistage, campagnes anti-tabac… La lutte contre le cancer a connu de belles avancées en 2017, selon l'Institut national contre le cancer.

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C'est un bilan plutôt positif que dresse l'Institut national contre le cancer (INCa) à l'aube de la journée mondiale contre cette maladie. Peu avant le 4 février, l'agence sanitaire publie un rapport d'étape. Et en matière de lutte contre le cancer, l'année 2017 a connu plusieurs succès.

A commencer par le droit à l'oubli pour les patients en rémission prolongée. Lorsqu'elles veulent contracter un emprunt, ces personnes avaient l'obligation de déclarer un cancer, même si les traitements avaient été arrêtés depuis 10 ans. Ce n'est désormais plus le cas. Et pour les personnes qui ont guéri d'un cancer colorectal ou d'un lymphome hodgkinien, ce délai est encore plus court depuis 2017.

La prévention est un autre axe important du Plan Cancer qui prendra fin en 2019. Celle des cancers liés au mode de vie l'est encore plus. La dernière campagne de l'INCa l'a rappelé. Ciblée sur les tumeurs évitables, elle s'est attaquée à des facteurs de risque comme le tabac ou l'alcool. Ils sont respectivement responsables de 45 000 et 15 000 décès par cancer.

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Dépister mieux et plus

Dans la même optique, le gouvernement a multiplié les actions anti-tabac. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a ainsi confirmé son intention de faire évoluer la fiscalité sur les paquets de cigarettes. Ceux-ci devraient coûter plus de 10 euros d'ici 2020, à coups de hausses successives.

Le Moi(s) sans Tabac, qui s'est tenu en novembre 2017, a aussi été reconduit avec succès. Plus de 158 000 Français ont relevé le défi lancé par les autorités sanitaires : ranger son paquet de cigarette pendant 30 jours. Il faut dire qu'une telle réussite augmente considérablement les chances d'arrêter définitivement de fumer.

Mais améliorer la prise en charge du cancer, c'est aussi repérer plus tôt les patients qui en sont atteints. Et cela passe par une activité de dépistage soutenue. Dans ce but, le repérage du cancer du col de l'utérus sera organisé dans le courant de l'année 2018.

Les femmes âgées de 25 à 65 ans bénéficieront d'examens gratuits sur présentation d'un courrier d'invitation qui leur sera adressé. Avec cette mesure, l'Etat espère atteindre les femmes qui ne faisaient pas de frottis pour des raisons financières mais aussi d'accès aux structures de soins. Si la mesure est bien suivie, elle devrait permettre de réduire de 30 % l'incidence et la mortalité d'ici 10 ans.

Le sport sur ordonnance peine à s'installer

La prescription d'activité physique pour les personnes atteintes de cancer devrait aussi améliorer la santé des patients en cours de traitement. Cette disposition, mise en place en mars 2017, est censée réduire la fatigue ressentie tout en limitant le risque de récidive et de mortalité.

Mais la mise en œuvre de cette prescription par les médecins rencontre un frein majeur : aucun budget n'a été alloué. Les sports sur ordonnance n'étant pas pris en charge par la Sécurité sociale, l'adhésion risque d'être ralentie. Par ailleurs, une mission "flash" de l'Assemblée nationale a récemment souligné que les professionnels de santé peinent à établir ces prescriptions.

Si un élément remporte plus de succès, auprès des soignés comme des soignants, c'est l'immunothérapie. Ces traitements innovants contre le cancer ont considérablement amélioré la prise en charge des différentes localisations.

"Cette approche thérapeutique a commencé à modifier en profondeur le paysage de la cancérologie", souligne le rapport d'étape. Si les enjeux sont nombreux, les utilisations aussi. Plusieurs molécules ont ainsi été mises sur le marché.

Publié le 02 Février 2018
Auteur(s) : Audrey Vaugrente, journaliste santé
Source : Quatrième rapport au président de la République, Institut national du Cancer, 1e février 2018
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