Cancer du col de l’utérus : comment le dépistage organisé fonctionnera

Comme promis, le dépistage organisé s'étend au cancer du col de l'utérus, a annoncé la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Les frottis seront proposés gratuitement tous les trois ans aux Françaises.

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Cette fois, c'est officiel. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a signé un arrêté qui étend le dépistage organisé au cancer du col de l'utérus. Paru au Journal officiel ce 11 mai, le document précise les modalités du programme. On vous en résume les principaux points.

Entre 25 et 65 ans, l'ensemble des Françaises pourra bénéficier d'un frottis de dépistage régulier et intégralement remboursé par l'Assurance maladie. Cela inclut toute la population féminine, y compris les femmes enceintes ou ménopausées. Il sera à répéter tous les trois ans.

30 % de décès en moins

Pour accéder à cet examen, un courrier d'invitation sera adressé, dans un premier temps, à celles qui n'ont pas réalisé de dépistage au cours des trois dernières années. Des courriers de relance sont prévus si aucun examen n'est réalisé par la suite.

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Grâce à ce courrier, il sera possible de prendre rendez-vous chez un médecin – gynécologue ou spécialiste – mais aussi chez une sage-femme, également habilitée à réaliser l'examen. La prise en charge sera intégrale grâce au courrier d'invitation.

Réaliser régulièrement ce frottis de dépistage permet de repérer d'éventuelles lésions précancéreuses, voire un cancer de stade précoce. L'objectif est d'atteindre 80 % de participation.

Selon le gouvernement, atteindre cet objectif devrait permettre de réduire la mortalité associée au cancer du col de l'utérus de 30 % d'ici 10 ans. Actuellement, plus de 1 000 femmes meurent chaque année de cette maladie, et le pronostic n'a cessé de reculer. 5 ans après le diagnostic, 62 % des patientes sont toujours en vie.

De nombreuses femmes manquent le frottis

Mais le gouvernement espère aussi améliorer la qualité de vie des personnes traitées pour un cancer. "Des lésions diagnostiquées plus tôt, ce sont des traitements moins lourds et des cancers évités", explique le ministère de la Santé dans un communiqué.

Il faudra, cependant, une organisation plus soutenue car une femme sur sept n'est pas à jour dans son dépistage du cancer du col de l'utérus. La probabilité d'avoir bénéficié d'un dépistage dans les temps est d'autant plus faible si la patiente a un niveau d'études faible, selon une étude menée en France.

La question de l'accès aux soins est également problématique. D'après une analyse menée en 2016, une habitante d'Île-de-France sur dix seulement se fait dépister tous les trois ans. Vivre dans un désert médical ou dans une zone mal dotée en professionnels de santé réduit considérablement les chances.

Le gouvernement semble conscient de ces limites dans l'accès au frottis. Son arrêté prévoit des "actions spécifiques" et des "stratégies complémentaires" pour cibler les populations isolées.

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