L’autorité avant 3 ans
Publié le 17 Décembre 2010 à 9h46 par Anne Krispil
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Les amis

Les besoins de l’enfant

Les trois premières années, les parents doivent être disponibles et à l’écoute des besoins de leur enfant. Il y a les enfants pour lesquels on se passionne, et ceux que l’on subit. Les premiers vous écoutent parce que vous leur êtes attentifs. Les seconds sont indifférents à nos exigences comme vous l’êtes à leurs besoins. L’éveil des sens et la découverte Il faut comprendre que le petit d’homme consacre toute son énergie à découvrir les codes du grand monde ! Plus il est petit, plus il est dépendant et a besoin qu’on lui montre “comment ça marche”, qu’on lui dise “à quoi ça sert”. Celui et celle qui le guident avec attention gagnent sa confiance et leur autorité !

La diversion

Avant 3 ans, l’enfant n’intègre l’interdit que par le “non... mais”, “pas ça... mais ça”. Il faut nourrir sa curiosité avec ce qui est permis pour qu’il prenne l’habitude de renoncer à ce qui ne l’est pas. Par exemple, s’’il a l’habitude que vous rendiez votre téléphone inaccessible tout en lui proposant une découverte intéressante, il intègre sans violence l’idée qu’il ne faut pas toucher au téléphone.

Le goût des règles

Le bébé, le jeune enfant est avide de règles, pourvu qu’elles soient logiques et appliquées avec sérénité ! Elles le rassurent et font partie de ses codes. Par exemple, quand maman me donne mon biberon, la règle est qu’elle se penche en me parlant pour mettre mon bavoir... et bientôt, il vous le tend au moment du repas.

Les ennemis

L’impatience

Les règles s’inculquent au fil des actions et des échanges dans la journée. L’autorité demande de la patience car, en général, avant 3 ans, votre enfant a oublié pourquoi il était puni et surtout pourquoi il a fait une “bêtise”.

La toute-puissance

Parler de toute-puissance est dangereux car les parents en viennent à craindre d’être dépassés. Il ne faut pas oublier qu’un tout-petit est faible, toujours dépendant de la réponse de l’adulte, de ses décisions, de la compréhension de ses attentes et de ses peurs.

Les cris et les hurlements

Lever le ton doit être exceptionnel car l’enfant ne s’épanouit pas dans la peur et s’immunise contre les cris. Mieux vaut poser les règles en expliquant bien pourquoi elles sont importantes. Quant aux sermons hurlés, maintes fois répétés, ils deviennent comme une comptine « et non et non et non... petipatapon... ».

Les châtiments corporels

Les études se succèdent qui confirment mes quarante ans d’expérience : les fessées, claques, gifles ou autres ont des effets néfastes sur la personnalité, dans le sens de l’agressivité et/ou la perte d’estime de soi. Bientôt l’enfant vous dit : « Même pas mal » ou dissimule. Il finit par s’endurcir.

Nos outils avant 3 ans

Le tableau d’humeur de maman

Fabriquer un tableau d’humeur des parents avec une colonne pour chaque jour de la semaine divisée en deux parties : le matin et l’après-midi. Découper des ronds dans des feuilles de couleur dans lesquels vous dessinez des visages simples qui représentent les différentes humeurs (joie, tristesse, colère). Collez avec de la Patafix les visages dans la partie de la journée qui correspond. Expliquez ce qu’ils représentent à votre petit bout. Ce tableau permettra à votre enfant d’intégrer que vous n’êtes pas toute-puissante et qu’il vous arrive d’être fatiguée. Il sait donc d’un coup d’oeil quand il doit faire des efforts pour être sage ou au contraire quand il peut vous taquiner.

La chaise à calmer les colères

Lorsque votre enfant devient colérique ou trop agité, envoyez-le sur la chaise à calmer les colères. Placez une chaise dans un endroit neutre où rien ne peut le distraire et expliquez-lui qu’il doit rester assis et réfléchir aux raisons de sa mauvaise humeur. On peut compter une minute à multiplier par l’âge de l’enfant. Une fois le délai écoulé, et, s’il s’est calmé, on lui demande de nous expliquer ce qui s’est passé. Cette technique évite de braquer l’enfant et permet d’instaurer un dialogue apaisant.

Le perroquet

Votre petit insiste en vous demandant pour la trentième fois un énième bonbon ? Faites comme lui en répétant calmement, sans relâche, la même réponse négative accompagnée d’une brève explication. « Non tu n’auras pas de bonbon. Tu en a déjà mangé deux, tu vas avoir mal au ventre. » Il comprendra que c’est agaçant.

Les trois chances

Lorsqu’un enfant en bas âge ne veut pas obéir, ne le punissez pas immédiatement et laissez-lui trois chances pour obtempérer et échapper à la sanction. Vous pouvez compter « un, deux, trois » ou faire une variante avec « ça fait une minute, deux minutes, trois minutes ». Si, au bout de trois, il n’a pas obéi, tenez-vous à votre punition pour ne pas perdre toute crédibilité.

La sourde oreille

Lorsque votre enfant fait un caprice, montrez-lui que ça n’est pas la meilleure solution pour attirer votre attention. Gardez votre calme et tentez, le plus possible, de ne pas y prêter attention. Il faut que l’enfant comprenne que ses caprices, jérémiades ou crises de colère ne lui donnent pas plus d’importance.

À lire…

  • "L'autorité sans fessée" d'Edwige Antier, Robert Laffont, 17 euros
  • "L’autorité des parents" de Charlotte Mareau et Adeline Vanek Dreyfus, Studyparents, 15 euros
Source : Cet article est extrait du magazine PsychoEnfants de novembre-décembre 2010 (n°33)