L’autorité avant 3 ans

L’enfant entre en opposition vers 18 ou 24 mois, c’est ce que l’on appelle “les terrible two’s”. C’est donc l’heure des premiers “non” et des explications pour que les enfants intègrent en douceur les limites et leur raison d’être.

INTERVIEW avec Edwige Antier, médecin pédiatre et l’auteure de "L’autorité sans fessée".

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Les amis

Les besoins de l’enfant

Les trois premières années, les parents doivent être disponibles et à l’écoute des besoins de leur enfant. Il y a les enfants pour lesquels on se passionne, et ceux que l’on subit. Les premiers vous écoutent parce que vous leur êtes attentifs. Les seconds sont indifférents à nos exigences comme vous l’êtes à leurs besoins. L’éveil des sens et la découverte Il faut comprendre que le petit d’homme consacre toute son énergie à découvrir les codes du grand monde ! Plus il est petit, plus il est dépendant et a besoin qu’on lui montre “comment ça marche”, qu’on lui dise “à quoi ça sert”. Celui et celle qui le guident avec attention gagnent sa confiance et leur autorité !

La diversion

Avant 3 ans, l’enfant n’intègre l’interdit que par le “non... mais”, “pas ça... mais ça”. Il faut nourrir sa curiosité avec ce qui est permis pour qu’il prenne l’habitude de renoncer à ce qui ne l’est pas. Par exemple, s’’il a l’habitude que vous rendiez votre téléphone inaccessible tout en lui proposant une découverte intéressante, il intègre sans violence l’idée qu’il ne faut pas toucher au téléphone.

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Le goût des règles

Le bébé, le jeune enfant est avide de règles, pourvu qu’elles soient logiques et appliquées avec sérénité ! Elles le rassurent et font partie de ses codes. Par exemple, quand maman me donne mon biberon, la règle est qu’elle se penche en me parlant pour mettre mon bavoir... et bientôt, il vous le tend au moment du repas.

Les ennemis

L’impatience

Les règles s’inculquent au fil des actions et des échanges dans la journée. L’autorité demande de la patience car, en général, avant 3 ans, votre enfant a oublié pourquoi il était puni et surtout pourquoi il a fait une “bêtise”.

La toute-puissance

Parler de toute-puissance est dangereux car les parents en viennent à craindre d’être dépassés. Il ne faut pas oublier qu’un tout-petit est faible, toujours dépendant de la réponse de l’adulte, de ses décisions, de la compréhension de ses attentes et de ses peurs.

Les cris et les hurlements

Lever le ton doit être exceptionnel car l’enfant ne s’épanouit pas dans la peur et s’immunise contre les cris. Mieux vaut poser les règles en expliquant bien pourquoi elles sont importantes. Quant aux sermons hurlés, maintes fois répétés, ils deviennent comme une comptine « et non et non et non... petipatapon... ».

Les châtiments corporels

Les études se succèdent qui confirment mes quarante ans d’expérience : les fessées, claques, gifles ou autres ont des effets néfastes sur la personnalité, dans le sens de l’agressivité et/ou la perte d’estime de soi. Bientôt l’enfant vous dit : « Même pas mal » ou dissimule. Il finit par s’endurcir.

Publié par Anne Krispil le Vendredi 17 Décembre 2010 : 09h46
Mis à jour le Vendredi 17 Décembre 2010 : 10h12
Source : Cet article est extrait du magazine PsychoEnfants de novembre-décembre 2010 (n°33)
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